Le muguet du confinement

L’an passé, les Français avaient dépensé 22 millions d’euros pour des brins de muguet. Cette année, c’est la clochette qui cache la forêt. Si en ce 1er mai, certains fleuristes ont pu vendre des brins, cette journée est le symbole d’une perte de chiffre d'affaire de plus.
Le muguet s'est vendu environ 9 euros en pot, ou 3 euros les trois brins
Le muguet s'est vendu environ 9 euros en pot, ou 3 euros les trois brins © zanna-76/pixabay
Pour acheter les traditionnels brins de muguet porte-bonheur, on pouvait compter cette année un peu sur le hasard, et beaucoup sur l’organisation des professionnels.

A Caen, la fleuriste des Fougères, dans le quartier de Vaucelles, avait prévu une vente à emporter. Elle n’aurait pas laissé passer cette mince occasion de remettre à flots, même modestement, sa trésorerie.

20% des ventes d'un 1er mai habituel

« La saison des mariages d’avril-mai et juin a été compromise. On a aussi perdu les baptêmes et les communions, Pâques et les rameaux… si je travaille bien, cette journée va représenter 20% d’un 1er mai normal » analyse Sophie Amice-Lerebourg qui est aussi présidente de la chambre syndicale des fleuristes de Normandie.
 
la boutique des Fougères à Caen exceptionnellement ouverte pour une vente à emporter
la boutique des Fougères à Caen exceptionnellement ouverte pour une vente à emporter © PM Puaud/ FTV

Pour ce qui est de la chance, impossible cette année de trouver des brins dans la rue, la vente à la sauvette étant interdite.

Le muguet cohabite avec la charcuterie

Le muguet poussait plutôt à côté des présentoirs de journaux dans certains bureaux de tabac-presse, ou encore -plus insolite – à coté de charcuteries et autres cochonnailles.

A Falaise dans le Calvados, la fleuriste Aubane Letrou a déposé ses pots de muguets près des terrines de son voisin charcutier, pour qui la solidarité est une évidence en ces temps rendus compliqués par la circulation du coronavirus.
 
Les systèmes D pour vendre, livrer ou ... offrir ses brins de muguet

La fleuriste souligne « les difficultés surtout en début de confinement pour se réapprovisionner en fleurs fraiches, mais depuis environ deux semaines, on n’a plus de problème. »
Elle a choisi pour sa part de continuer à créer et vendre des bouquets selon les commandes reçues par téléphone. Et se prépare à rouvrir son magasin le 11 mai.

Les fleuristes ont un savoir-faire à valoriser

« Les grandes surfaces et les jardineries ont continué à vendre des plantes et des fleurs pendant le confinement. Alors c’est à nous, fleuristes, de faire la différence désormais : nous sommes des artisans et pas de simples commerçants. On se doit de mettre en avant notre savoir-faire en donnant envie aux clients de pousser les portes de nos boutiques à partir du 11 mai » conseille Sophie Amice-Lerebourg.
bouquet de fête des mères - illustration
bouquet de fête des mères - illustration © bru-nO/pixabay
 

La fête des mères en ligne de mire

En temps normal, 31 % des brins de muguet sont achetés chez un fleuriste et 25 % en grande distribution, selon le panéliste Kantar TNS.

Après ce 1er mai pas très profitable, les fleuristes comptent sur la prochaine échéance commerciale : la fête des mères du dimanche 7 juin.
62 millions d’euros sont dépensés par les Français à cette occasion (source agrimer, étude Kantar TNS 2018) et majoritairement chez les fleuristes.
 
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