Municipales : les maires de Rouen et de Cherbourg appellent à un 2e tour en juin

Le maire de Cherbourg-en-Cotentin et le maire de Rouen plaident pour l'organisation du 2e tour des élections municipales en juin. / © Nicolas Parent / Maxppp
Le maire de Cherbourg-en-Cotentin et le maire de Rouen plaident pour l'organisation du 2e tour des élections municipales en juin. / © Nicolas Parent / Maxppp

36 élus réclament l'organisation du second tour des élections municipales dès le mois de juin. Une tribune est publiée dans le Journal du Dimanche ce 17 mai 2020. Parmi les signataires : le maire de Rouen, Yvon Robert et le maire de Cherbourg-en-Cotentin, Benoît Arrivé.

Par Pauline Comte

« La démocratie ne peut pas être plus longtemps confinée. » 36 maires appellent à l’organisation du second tour des élections municipales dès le mois de juin, dans une tribune du Journal du Dimanche du 17 mai 2020.

Rouen et Cherbourg font partie des 200 communes normandes pour lesquelles un second tour devra avoir lieu. Les socialistes Yvon Robert, maire de Rouen (76) et Benoît Arrivé, maire de Cherbourg-en-Cotentin (50) signent cette tribune.
 

L’action des maires « indispensable au redémarrage » 

Les auteurs de la tribune demandent que les nouveaux exécutifs soient mis en place afin de mettre fin à une incertitude électorale et à une forme de paralysie de l’action publique. Cela concerne les communes et les intercommunalités.

« Des millions de Français attendent d'avoir un maire, une équipe municipale et communautaire en place, capable de prendre des décisions capitales pour nos écoles, nos transports, nos emplois… », soulignent les maires. L’action des municipalités est « indispensable au redémarrage » de la France, insistent les signataires. Pour eux, les « établissements publics seraient bien plus efficaces s'ils étaient définitivement installés et stabilisés ».
 

« Un moment essentiel est en train de se passer pour faire repartir la France », Yvon Robert, maire de Rouen


« En France aujourd’hui, si l’on n’a pas ces élections maintenant, 90% des métropoles, intercommunalités, agglomérations de toutes natures, n’auraient pas d’exécutif légitime », rappelle l’actuel maire de Rouen, Yvon Robert.  Il insiste : « l’essentiel des investissements - notamment des investissements d’avenir, les projets sur plusieurs années - sont faits par les intercommunalités », souligne l’élu rouennais.

Pour lui, reporter les élections, « ce n’est pas possible ». « Un moment essentiel est en train de se passer pour faire repartir la France », martèle-t-il.
 

Pour un deuxième tour avant l’été

Les élus réclament une organisation rapide du scrutin « avant la période estivale ». « Ne transformons pas le confinement sanitaire en un confinement démocratique qui serait néfaste à l'avenir de la France et organisons le deuxième tour des élections municipales dès le mois de juin », détaillent les maires dans la tribune.

Si le second tour n’avait pas lieu à la fin du mois de juin, le vote du 15 mars serait annulé, pour les maires n’ayant pas été élus au premier tour. Il faudrait refaire l'intégralité de l'élection, à l'automne voire en mars 2021. L’exécutif attend l’avis du Conseil scientifique prévu en début de semaine prochaine, avant de trancher.

Les signataires de la tribune mettent en garde quant à « l’hypothèse d'une seconde vague épidémique à l'automne, comme le prévoient certains experts ».
 

« L'ensemble des conseils municipaux et intercommunaux repose sur la légitimité du suffrage. Cette légitimité ne peut être trop longtemps différée, à partir du moment où les conditions sanitaires sont réunies », Jean-Louis Valentin, président de la communauté d'agglomération du Cotentin


Jean-Louis Valentin, président de la communauté d'agglomération du Cotentin (50) partage à « 100 % l'esprit de cette tribune ». Au nom des intercommunalités, il dénonce le manque de légitimité. « Au delà du mois de juin, j'aurais du mal à faire endosser ma légitimité démocratique », signale l'élu manchois. Il précise : « notre mandat et nos fonctions sont prolongés mais un mandat repose sur une base démocratique ».

« Comment demander aux Français qui malgré leur inquiétude se sont déplacés pour venir voter le 15 Mars, de refaire un premier tour ? », s'interroge la trentaine d’élus. Pour les auteurs de la tribune, « ce processus inédit est une profonde rupture d'égalité ». Avis partagé par Jean-Louis Valentin : « cela introduirait une inégalité fondamentale dans ce scrutin », indique-t-il.
 

Un premier tour controversé

Le 15 mars 2020, le premier tour des municipales s’est tenu dans des conditions particulières. La veille au soir, le gouvernement annonçait la fermeture des bars et restaurants, avant d’imposer le confinement le 17 mars, en raison du Covid-19.

Le premier tour a-t-il favorisé la propagation de l’épidémie ? Gel hydro-alcoolique, gants, émarger avec son propre stylo. Les précautions sanitaires étaient nombreuses dans les bureaux de vote. Mais les forces d’opposition politique considèrent ne pas avoir été suffisamment consultées dans le choix de l’organisation du premier tour des élections municipales.

Pour éviter les critiques, l’exécutif souhaiterait s’assurer d’un consensus politique large avant de donner son verdict. Le Premier ministre Edouard Philippe envisageait de solliciter un débat et un vote au Parlement, concernant l’organisation du second tour fin juin. Le 14 mai, le président du Sénat Gérard Larcher (LR) a refusé.
 


Une question politicienne ?

44%, c’est le taux de participation au premier tour des municipales : le plus faible pour cette élection sous la Ve République. Les candidats en passe de l’emporter, plaideraient-ils pour la tenue du second tour fin juin ?

Le Premier ministre Edouard Philippe y serait favorable. Le candidat à la mairie du Havre (76), a obtenu 43,6% des voix au premier tour. Le socialiste Benoît Arrivé, maire sortant de Cherbourg-en-Cotentin, est arrivé en tête avec 42,09% des voix au premier tour. Le maire sortant de Rouen Yvon Robert ne se représente pas. Il soutient le candidat socialiste Nicolas Mayer-Rossignol, arrivé lui aussi en tête avec 29,52% des voix. A l'issue du premier tour, Nicolas Mayer-Rossignol (PS), tête de liste "Fiers de Rouen" et Jean-Michel Bérégovoy (EELV-PCF), tête de liste "Réenchantons Rouen" ont créé une liste commune. Le président de l'aggolmération du Cotentin insiste : « je pense que ce n'est pas une question politicienne mais une question de principe ».
 

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