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Lidwine, Gilet jaune et ex-travailleuse sociale désenchantée explique son engagement

Le 24 décembre, les Gilets jaunes de Sées, dans l'Orne ont passé le réveillon dans leur cabane. / © Cyril Duponchel / France 3 Normandie
Le 24 décembre, les Gilets jaunes de Sées, dans l'Orne ont passé le réveillon dans leur cabane. / © Cyril Duponchel / France 3 Normandie

Les Gilets jaunes de l’Orne ont rendez-vous à Alençon le 9 janvier pour un débat citoyen. Parmi les organisateurs, Lidwine ex-travailleuse sociale, revendique le droit de « choisir sa vie et non de la subir ». 
 

Par Pauline Comte

La fièvre jaune ne tombe pas à Alençon. Les Gilets jaunes de l’Orne organisent dans la soirée de mercredi 9 janvier un débat public à Alençon. Depuis le début du mouvement, des réunions ont lieu chaque semaine. Mais cette fois-ci, la rencontre prend une autre ampleur. 
 

Libérer la parole

Pour les Gilets jaunes, l’idée est de se réunir au niveau départemental pour se faire connaître auprès de la population locale et de laisser la parole à tous.

De 19 à 21 heures, 150 revendications seront exposées publiquement avant de laisser la place à des témoignages pour alimenter le débat citoyen et organiser les actions à venir.

 


 « Des vies subies et non choisies »

Lidwine, 43 ans, fait partie des organisateurs du débat. Manifs, autoroutes, ronds-points… Elle a été sur tous les fronts depuis le début du mouvement des Gilets jaunes à Alençon.

Après avoir exercé le métier de travailleuse sociale pendant 15 ans, cette Alençonnaise a cessé subitement son activité en juin dernier à la suite d'un burn out. Pour elle, la réinsertion par le travail est loin d’être la solution miracle. « Je ne pouvais plus supporter de mettre la pression aux gens pour qu’ils trouvent un emploi indécent, leur permettant de survivre et non de vivre dignement », confie-t-elle avec émotion. 

Elle se souvient avoir accompagné des jeunes gens, contraints de multiplier les emplois pour s'assurer un salaire inférieur au Smic.

Dans son entourage, c'est le cas d'une assistante d'éducation de 22 ans. Elle ne touche que 600 euros par mois à mi-temps et ne trouve pas de poste à temps plein. « Elle enchaîne les petits boulots pour compléter d'environ 350 euros son revenu mensuel. Elle fait la plonge dans les restaurants, des babysittings et travaille dans les centres aérés pendant les vacances scolaires », raconte Lidwine indignée.
 

« J’ai été travailleuse sociale, parce que j’y croyais ! S’insérer par le travail, c’était comme avoir une baguette magique, pour moi », Lidwine, Gilet jaune dans l'Orne


La question de mettre en place une démocratie directe et locale lui tient à cœur. Pour elle, le système pyramidal de gouvernance actuel doit être remis en cause.

Elle s’indigne de voir à la tête de l’Etat « quelqu’un qui ne connaît pas la vraie vie et qui n’a jamais vécu avec seulement 1000 euros par mois ».

 


Pour un meilleur avenir

« Je veux pouvoir regarder mes petits-enfants dans les yeux et leur dire que je me suis battue. Grâce à notre mouvement, j’aimerais qu’ils aillent travailler sans avoir la boule au ventre », lance Lidwine en levant le ton.

La presque quinquagénaire s’apprête à être grand-mère. Elle reconnaît que cela lui donne de l’élan pour ne pas cesser la lutte.

Côté boulot, Lidwine ne baisse pas les bras. Elle veut poursuivre son engagement dans le milieu social, en s’intéressant à un nouveau public. Elle souhaite devenir animatrice dans les maisons de retraite. Son objectif ? « Faire du bien aux gens. »
 

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