Voitures brûlées et tirs de mortier : une "nuit de violences urbaines" dans le quartier de Perseigne

Publié le Mis à jour le
Écrit par CM
Le quartier de Perseigne, ce mercredi matin. Plus d'une dizaine de véhicules ont été incendiés dans la nuit.
Le quartier de Perseigne, ce mercredi matin. Plus d'une dizaine de véhicules ont été incendiés dans la nuit.

Plus d'une dizaine de voitures ont été incendiées dans la nuit de mardi à mercredi sur le quartier de Perseigne à Alençon. Les forces de l'ordre et les pompiers ont essuyé des tirs de mortier. La préfète de l'Orne annonce l'arrivée de "renforts spécialisés".

Françoise Tahéri, la préfète de l'Orne, parle ce mercredi matin sur l'antenne de nos confrères de BFM d'une "nuit de violences urbaines" sur le quartier de Perseigne, à Alençon. Plusieurs véhicules ont été incendiés peu avant minuit ce mardi 26 octobre au soir. La représentante de l'Etat dans le département évoque "une bonne dizaine". Tout a commencé place de la paix avant de se propager aux rues adjacentes. Une trentaine d'individus seraient impliqués et auraient agi par groupe de six, munis de cocktails molotov.

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Nuit de violences urbaines à Alençon

Sur place, les policiers mais aussi les gendarmes arrivés en renfort ainsi que les pompiers, venus éteindre les divers incendies, ont essuyé des tirs de mortier, comme le montre la vidéo publiée sur twitter par Sacha Martinez, journaliste à Ouest-France.

Certaines sources évoquent également des jets de pierre sur les forces de l'ordre et les services de secours. "Je me réjouis qu'il n'y ait pas eu de victimes (...) eu égard aux tirs de mortier, il y aurait pu y avoir des blessés", a déclaré ce mercredi matin la préfète de l'Orne. Le calme est revenu dans le quartier de Perseigne au milieu de la nuit, vers 2 heures du matin. 

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Cet embrasement pourrait être lié à l'interpellation quelques heures plus tôt par les policiers de deux trafiquants de drogue pris en flagrance. Un lien de cause à effet que l'enquête devra confirmer ou infirmer. "L'origine, c'est le trafic de stupéfiant", a estimé ce midi sur notre antenne le maire d'Alençon, Joquim Pueyo, évoquant "une réacion organisée par une minorité" et dénonçant "des faits extrêmemnt graves, inacceptables, qui remettent en cause nos valeurs républicaines (...) C'est un trafic qui s'amplifie, qui gagnrène nos territoires. Il faut tout faire pour le démanteler et arrêter ceux qui sont responsables ou complices de ce trafic."

"Harceler les points de deal"

Dans un communiqué publié en milieu de matinée, la préfecture de l'Orne, indique que "conformément à la stratégie départementale de lutte contre la délinquance, les services de l’État poursuivront les actions renforcées qui ont été engagées pour assurer la tranquillité publique dans ce quartier et perturber les trafics de stupéfiants." Cet après-midi, lors d'une conférence de presse commune avec le maire d'Alençon, François Tahéri a redit la détermination des services de l'Etat "à perturber, harceler ces points de deal, de trafic de drogue qui sont la gangrène de tout un quartier, de toute une ville, de tout un territoire". Et la préfète de mettre en avant les personnels arrivés en septembre dernier pour renforcer la DDSP 61 (direction départementale de la sécurité publique) dans cette optique. Une affirmation que réfutent certains policiers.

"Je suis en colère, frustré, énervé. Ce sont des phénomènes qui se passent depuis plusieurs mois dans notre département, en avril dans le quartier de Perseigne ou à Flers au mois de mai", rappelle Michaël Métairie, secréatire départemental du syndicat SGP Police. "En aucun cas, on a eu des renforts d'effectifs. Il s'agit de fonctionnaires qui arrivent en mouvement de mutation lorsque des collègues partent (retraite, mutation ou démission). Les arrivées ne font que lisser les départs. Il n'y a pas eu de renforts d'effectifs liés à ces événements."

Pas de guerre sans armée ?

Le responsable syndical estime qu'il faudrait une trentaine de policiers en plus dans le département de l'Orne, "une bonne vingtaine sur Alençon, le reste dispatché sur Flers et Argentan." Et de renvoyer le ministre de l'Intérieur à ses déclarations : "Quand on parle de guerre (contre la drogue), il faut une armée. Et pour avoir une armée, il faut des soldats., des policiers républicains qui doivent être présents sur le terrain."

Ce mercredi après-midi, la représentante de l'Etat dans le département a également confirmé ce qu'elle avait annoncé le matin : "des renforts spécialisés dans les violences urbaines" doivent arriver dans la journée pour assurer la sécurisation du quartier de Perseigne.

 


 

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