Nuit de violence à Flers : plusieurs véhicules incendiés, une trentaine de policiers et gendarmes mobilisés

Des voitures et des poubelles ont été incendiés dans plusieurs quartiers de la ville dans la nuit de vendredi à samedi. Sur place, les forces de l'ordre ont dû faire appel à des renforts d'autres ville du département et du Calvados.

Image d'illustration
Image d'illustration © PHOTOPQR/L'ALSACE/MAXPPP

C'est une véritable flambée de violence qui s'est emparée de plusieurs quartierds de Flers, dans l'Orne, dans la nuit du vendredi 28 mai au samedi 29 mai. Vers 23 h 30, une patrouille de deux policiers fait route vers le quartier Saint-Michel où plusieurs feux sont signalés, "un quartier connu pour des faits similaires depuis des années", selon Michael Métairie, secrétaire départemental du syndicat Unité SGP Police. A leur arrivée, les deux agents essuient des tirs de mortiers et de feux d'artifice. "Les pompiers sont arrivés mais ils ont été attaqués par les jeunes. Ils n'ont pas pu intervenir. du coup, ils ont laissé cramer les voitures", raconte Marti, un habitant du quartier.

Les deux agents de police, contraints de rebrousser chemin, appellent immédiatement des renforts. La BAC d'Alençon, située à 70 km, tout comme les gendarmeries de Domfront et Vire sont sollicités. "Certains collègues ont même été rappelés à leur domicile alors qu'ils étaient de repos", ajoute Michael Métairie, qui estime "qu'au plus fort de la nuit", ce ne sont pas moins d'une trentaine de membres des forces de l'ordre qui ont été mobilisés.

Car les incidents ne se sont pas cantonnés au seul quartier Saint-Michel. Pont-Féron, Saint-Sauveur mais aussi la commune voisine de La Selle-la-Forge ont été aussi le théâtre d'incendies. Au total, une petite dizaine de véhicules auraient été la proie des flammes, sans compter plusieurs conteneurs à poubelle. La façade de la gendarmerie, située dans le quartier Saint-Sauveur a également été prise pour cible. "C'était très compliqué à gérer pour nos collègues", raconte Michael Métairie, "les auteurs étaient très mobiles." Ces derniers auraient agi en représaille à l'incarcération d'un jeune dans la journée de vendredi. "Comme d’habitude, ces violences sont probablement dues au fait que la justice fasse son travail consécutivement aux enquêtes réalisées par les forces de l’ordre", indique Yves Goasdoué, le maire de la ville, dans un message posté sur Facebook, message dans lequel il remercie les forces de l'ordre.

Ce jeu du chat et de la souris entre les incendiaires et les forces de l'ordre s'est prolongé jusqu'au coeur de la nuit. Le calme est revenu vers 4 heures du matin. Trois individus ont été interpellés. Aucun blessé n'est à déplorer parmi les policiers et gendarmes. Seul un véhicule de police a été endommagé par un jet de pavé.

Des habitants sous le choc

Dans les quartiers touchés, l'émotion est vive ce samedi. Roger a 84 ans et vit depuis 37 ans dans le quartier Saint-Michel. De sa soivture il ne reste que des cendres et de la suie sur le bitume en face de son appartement situé au rez-de-chaussée. Le volet de sa chambre a fondu. "Je voyais le feu arriver dans le carreau, ça fait drôle. Je n'ai pas mis grand temps à foutre le camp de là-dedans." Sa voiture, Roger s'en sert pour aller voir sa femme handicapée en mison de retraite. "Il y a trois-quatre mois, ils m'ont cassé le pare-brise derrière. Et, il la brûle."

De la voiture de Roger, 84 ans, ne restent que des cendres
De la voiture de Roger, 84 ans, ne restent que des cendres

Les habitants rencontrés sur place par notre équipe déplorent tous une situation qui empire au fil des années. "J'ai envie de partir, j'ai l'intention de partir. Je ne peux plus rester. Ça me fait peur. Ce sont les jeunes qui font la loi. Dès qu'il y a un problème, ils s'attaquent à tout. Un jour ou l'autre, ils vont finir par brûler les HLM", estime Martin.

"Ces gens-là ne gagneront pas"

Cette peur, la municipalité de Flers en a bien conscience. "Ces gens-là ne gagneront pas parce que nous sommes intraitables", affirme le premier adjoint au maire, Lori Helloco. Et d'annoncer une second déploiement de la vidéo-surveillance sur la ville ainsi que des recrutements en cours dans la police municipale "pour pouvoir les déployer sur le soir". La municipalité a également sollicité le Parquet pour créer un groupe loacl de traitement de la déliquance. "Le procureur est ouvert. Je connais le travail de ce Parquet, ils sont efficaces", assure l'élu. "Il faut aussi que l'Etat prenne ses responsabilités en apportant un certain nombre d'agents à disposition du commissariat de police de Flers", plaide le premier adjoint au maire de Flers.

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
faits divers