Protection de la ressource : l’Ifremer va marquer 5.000 soles d’ici 2019 en Manche-Est

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Écrit par DM avec l'Agence Normande d'Information

L'objectif est de mieux connaître le comportement de cette ressource en Manche-Est. L’enjeu est de taille : la sole fait partie des espèces commerciales majeures de cette partie de la Manche. Elle représente 32% du chiffre d’affaires de la flottille de pêche entre Cherbourg et Boulogne-sur-mer.

L’Ifremer vient de lancer une campagne de marquage de 5.000 soles d’ici 2019 pour mieux connaître le comportement de la ressource en Manche-Est. Baptisé Sole de Manche-Est amélioration des connaissances pour une meilleure gestion du stock (SMAC), le projet  mobilise une vingtaine de scientifiques et un budget de 1,5 M€. L’enjeu est de taille : la sole fait partie des espèces commerciales majeures de cette partie de la Manche. Elle représente 32% du chiffre d’affaires de la flottille de pêche entre Cherbourg et Boulogne-sur-mer. Mais ce poisson de fond est menacé et sa pêche soumise à des quotas européens, en recul de 14% pour la Manche Est en 2016.
Les poissons seront marqués puis rejetés à la mer à l’occasion de campagnes de navires scientifiques ou à bord de bateaux de pêche avec le concours des équipages. Les données seront récupérées grâce à la capture par les pêcheurs de soles marquées, au hasard de leurs prises. « Les pêcheurs capturant un poisson marqué sont invités à communiquer le numéro de la marque, le lieu et la date de capture ainsi que la taille du poisson à l’Ifremer », indique Marie Savina-Rolland coordinatrice du projet SMAC et chercheuse au Laboratoire ressources halieutiques du centre Ifremer de Boulogne-sur-mer. Le succès du projet reposera in fine sur la bonne collaboration des pêcheurs tant français que britanniques, belges et néerlandais.
Le programme ne se limite pas aux marquages. Pour déterminer les frayères et nourriceries où naissent les soles les scientifiques étudieront les « otolithes » de certains spécimens. L’otolithe est une petite pièce calcifiée située dans l’oreille interne du poisson. Elle permet de connaître son âge et, parce que sa forme est partiellement déterminée par l’environnement, d’identifier la nourricerie d’origine. Une bonne localisation de ces lieux de naissance permettrait d’inviter les pêcheurs à ne pas travailler dans ces zones à certaines périodes.
Enfin ce programme qui a reçu le soutien de France filière pêche, des organisations de pécheurs ainsi que des régions Normandie et Hauts-de-France aura une dimension expérimentale : des filets à l’ouverture des mailles plus allongée seront testés pour évaluer leur intérêt dans la protection des soles de taille inférieure aux limites réglementaires (25 centimètres).