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Quel sera l’impact du Brexit sur les ports en Manche ouest ?

Le port du Havre / © IP3 PRESS/MAXPPP
Le port du Havre / © IP3 PRESS/MAXPPP

Fin mars 2019, la Grande Bretagne quittera l’Union européenne. Les formalités douanières et sanitaires vont s’appliquer aux marchandises en transit entre les deux rives de la Manche. A la clef des délais rallongés pour les activités portuaires et logistiques.  

Par Marc Moiroud-Musillo

Qu’il y ait un accord de sortie ou non, les opérateurs maritimes et de la logistique se préparent au pire scenario de Brexit de chaque côté de la Manche. 

Au Royaume Uni, l’association des ports britanniques (BPA) a des préoccupations très matérielles. Les ports outre-Manche manquent d’espace pour construire des bureaux de contrôles douaniers, phytosanitaires et vétérinaires. Leur création sera entièrement à leur charge car le gouvernement ne leur donnera pas de subvention. 

Côté français, l’investissement nécessaire est estimé à 30 millions d’euros pour les cinq ports normands selon la région. Cette dernière a d’ailleurs lancé un appel au gouvernement pour recevoir des aides. 
 


Il faut dire que les volumes transitant par la Normandie et en provenance du Royaume Uni sont importants : 40 millions de tonnes pour Le Havre, 27 millions pour Caen-Ouistreham et 14 millions via Dieppe (source FTA, association des transporteurs britannique) en moyenne par an.

Après le Brexit, lorsque chaque camion ou conteneur fera l’objet de contrôles, les retards s'accumuleront. Les douanes françaises estiment à 255 millions, le nombre de documents à contrôler en 2019, juste après le départ du Royaume Uni de l’UE. 
 

Des besoins en fonctionnaires 

L’Etat français a déjà embauché 250 douaniers en vue du Brexit. En tout, 700 postes seront déployés d’ici fin 2020. Mais en cas de Brexit dur (c’est à dire sans accord), le rythme sera accru pour monter tout de suite en puissance.

La situation est plus complexe pour le volet sanitaire. Selon Hervé Morin, président de la région Normandie, le ministère de l’agricultue n’a pas assez anticipé les formations des agents et « nous ne serons pas prêts » précise-t-il. 

Autre enjeu, le suivi numérique des marchandises. Il faudra dès mars 2019 que les systèmes européens et britanniques soient compatibles. Sinon, on en reviendra à la bonne vieille méthode papier, en vigueur jusqu’à l’entrée de la Grande Bretagne dans la CEE en 1973. 
 

Un espoir de voir le trafic augmenter en Manche ouest

Seule éclaircie dans ce ciel sombre: l’espoir des professionnels de voir une partie de l’activité entre Calais et Douvre se reporter vers la Normandie, la Bretagne et l’ouest anglais. En effet, la première zone de transit entre le Royaume Uni et le continent risque fort de ne plus pouvoir absorber autant de trafic alors que les délais de trajet vont exploser.  

A Londres, lors de cette deuxième journée outre-Manche pour la délégation Normandie, le président de la Région a rencontré des responsables de ports britanniques, des patrons d’entreprise de transport et de logistique.
Objectif : faire le point sur l’impact du Brexit sur l’activité maritime.

Notre équipe, Marc Moiroud-Musillo et Cyril Duponchel étaient sur place. 
 
Quel sera l’impact du Brexit sur les ports en Manche ouest ?
Intervenants:
- Jim Stewart, PDG port de Poole (comté du Dorset)
- Mike Sellers, PDG port de Portsmouth (comté du Hampshire)
- Hervé Morin, président de la Région Normandie
 

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