A Elbeuf, Angela veille sur les femmes

Publié le Mis à jour le
Écrit par Myriam Libert
Demandez Angela ! Le dispositif de lutte contre le harcèlement de rue s'étend à Elbeuf
Demandez Angela ! Le dispositif de lutte contre le harcèlement de rue s'étend à Elbeuf © Adelys Olivier, France TV

Dites "Angela", et rentrez vous mettre à l'abri dans un commerce partenaire. Ce dispositif international qui vise à protéger les victimes de harcèlement de rue s'étend à la ville d'Elbeuf, après avoir montré son efficacité à Caen et Rouen.

Ce n'est qu'une affiche posée sur la devanture d'un magasin, mais elle est une balise de reconnaissance pour les personnes victimes de harcèlement de rue. Si les femmes sont les plus touchées, ce type de harcèlement peut aussi concerner les hommes.

"Vous devez me donner le mot de passe "Angela", et je vous accueille et vous fais asseoir au fond de la boutique. En fonction de comment vous êtes et de ce qui s'est passé, si la personne -qui harcèle- est à l'extérieur ou pas, je prends les dispositions nécessaires pour vous aider

Corinne Martin-Prévost, gérante à Elbeuf d'un magasin partenaire du dispositif Angela

A Elbeuf, ce réseau d'entraide se met doucement en place, à l'initiative de la municipalité. Il existe déjà à Rouen et Caen, et s'il a prouvé son efficacité, il reste peu connu du grand public. L'idée est simple : offrir une protection et une solution de repli rapide à toute personne qui se sent harcelée ou en danger, et si possible à tout moment de la journée. Ce restaurateur d'Elbeuf est ouvert entre midi et deux, ce qui n'est pas le cas de nombreux commerces. "Vous vous êtes ouvert le midi ce qui n'est pas forcément le cas d'autres boutiques sur la ville, donc l'idée c'est d'avoir un réseau qui puisse couvrir une plage horaire maximale. Il n'y a pas d'heure pour se faire harceler" explique Julie Trouvé la directrice jeunesse sport et développement social local de la ville d'Elbeuf, à ce partenaire du réseau Angela.

Si la mise en sécurité n'est pas suffisante, les commerçants peuvent contacter les forces de l'ordre ou les secours."Ca va rassurer les femmes qui se font agresser et ne savent pas quoi faire dans ces moments là" se satisfait cette jeune femme d'Elbeuf rencontrée dans la rue, "si j'ai besoin d'aide c'est plus facile pour moi d'aller dans un magasin et de dire que je cherche Angela ! Eux ils comprendront que j'ai besoin d'aide" nous explique une autre habitante de la ville. 

Pour l'heure deux magasins et un restaurant sont engagés dans cette initiative solidaire, mais la ville d'Elbeuf espère étendre son réseau à une dizaine de partenaires, commerces, bars, restaurants, ou supermarchés.

Le modèle britannique : ask for Angela

Cette idée de créer un réseau de lieux sûrs (bars, restaurants, hôtels, supermarchés, commerces…) partout sur le territoire est né en 2016 au Royaume-Uni pour prévenir et lutter contre le harcèlement de rue. Ce mouvement a également reçu le soutien de HeForShe, le mouvement de solidarité pour l’égalité entre les Femmes et les Hommes des Nations Unies, lancé en 2014 par l'actrice britannique Emma Watson.

"Angela" a depuis essaimé ses bienfaits dans d'autres pays comme les Etats-Unis ou la France, et parfois sous d'autres noms.

Si cette forme de violence peut toucher tout le monde, rappelons qu'en France 8 jeunes femmes sur 10 ont peur de sortir seules le soir, et que la plupart des femmes ont déjà été harcelées ou suivies dans la rue et les transports en commun. Depuis la loi du 3 août 2018, le harcèlement de rue est réprimé par l’outrage sexiste et par une amende pouvant aller de 90 à 750 euros. 

Le réseau Angela a pris ce nom en référence à un ange protecteur, mais il n'est pas sans nous rappeler le souvenir de la militante féministe américaine Angela Davis. Voilà qui place ce mouvement sous de bons hospices.

 

En partenariat avec France 3 France Bleu et Make.org

Participez à la consultation citoyenne sur la présidentielle 2022

Faites-vous entendre ! France 3 Régions s'associe à la consultation Ma France 2022, initiée par France Bleu sur la plateforme Make.org. Le but ? Vous permettre de peser dans le débat démocratique en mettant vos idées les plus plébiscitées au centre de la campagne présidentielle.