Egalim, pesticides, saisonniers... A quelques jours de l'ouverture du Salon de l'agriculture, le Premier ministre est revenu sur les mesures annoncées récemment par le gouvernement face à la colère de la profession. Des agriculteurs normands réagissent.

Trois jours avant l'ouverture du Salon de l'Agriculture, cette prise de parole était attendue. En effet, ce mercredi 21 février à 9h00, le Premier ministre, Gabriel Attal a tenu une conférence de presse pour détailler les "principales orientations" du projet de loi agricole, dans lequel il entend inscrire "l'objectif de souveraineté" alimentaire.

L'autre objectif de cette conférence de presse était d'exposer "le suivi et l'exécution" des mesures gouvernementales annoncées au début du mois. "Depuis trois semaines, des aides ont été versées, des simplifications ont été réalisées", a assuré ce dernier.

La souveraineté alimentaire sera inscrite dans la loi

Pour commencer, Gabriel Attal est revenu sur les 62 engagements déjà pris à l'attention des agriculteurs. "100% des chantiers ont été ouverts", a assuré le chef du gouvernement.

"Jamais autant d'avancées n'auront été mises en œuvre pour les agriculteurs en si peu de temps."

Gabriel Attal

Premier ministre

Le Premier ministre a promis que le futur projet de loi d'orientation agricole "reconnaît[rait] dans la loi notre objectif de souveraineté agricole". Cet objectif sera inscrit "noir sur blanc" dans ce futur projet de loi. Le Premier ministre entend ainsi placer l'agriculture "au rang des intérêts fondamentaux de la nation", comme c'est le cas pour la sécurité ou la défense : "C'est une grande nouvelle, nous attendons de voir ça écrit noir sur blanc à présent", lance Anne-Marie Denis, présidente de la FRSEA Normandie.

Une prise de parole qui convainc en général

"Les propositions sont motivantes notamment celles concernant les troubles de voisinages, les simplifications des contrôles uniques sans procédures judiciaires ou encore la venue de saisonniers étrangers", explique Anne-Marie Denis.

Même constat du côté de Romain Loiseau, président des Jeunes Agriculteurs de l'Eure : "On a l'impression que nos revendications ont été entendues, ils ont travaillé dessus même si ça ne règle pas tout".

Des questions persistent

Mais quelques questionnements sont toujours là. C'est le cas sur les lois Egalim, qui vise à garantir un revenu minimum aux agriculteurs. Pour Gabriel Attal, elles "rééquilibrent les choses mais elles doivent être encore renforcées". Il ajoute que : "Les fraudeurs doivent être sanctionnés, les contrôles se multiplient et les sanctions seront au rendez-vous".

Le Premier ministre affirme qu'une mission parlementaire a été lancée et un nouveau projet de loi pour renforcer ce dispositif sera présenté "d'ici à l'été".

"C'est un beau projet oui" mais Anne-Marie Denis se demande : "Quelle va être la construction de ce projet de loi ? Il sera basé sur quoi ? Les pénalités et sanctions iront-elles jusqu'au bout suite aux contrôles ?". Autre constat: "Concernant le fiscal et le social, les annonces sont insuffisantes".

Concernant les jachères, la commission européenne a adopté ce mardi 13 février une exemption partielle aux obligations de jachères prévues par la Politique agricole commune (PAC) mise en vigueur tout au long de l’année. Une revendication-clé des récentes manifestations agricoles : "C'est pour un an, on ne nous dit pas ce qu'on devra faire ensuite de toutes ces surfaces, ça reste flou", lance Romain Loiseau.

Pas de blocage du Salon de l'Agriculture 

Ces annonces étaient attendues. Les syndicats agricoles avaient laissé jusqu'au Salon de l'Agriculture à Paris pour que l'exécutif puisse prendre des mesures concrètes. Les agriculteurs normands "ne bloqueront pas le salon, nous avons besoin des consommateurs. Et nous avons surtout besoin de séduire de futurs agriculteurs. Mais nous mènerons des actions coup de poing sur le territoire", précise Anne-Marie Denis.