Des maires dont 4 élus normands appellent l'Etat à prendre des mesures urgentes pour les enfants sans-abris

Publié le Mis à jour le
Écrit par Olfa Ayed .

Dans un courrier adressé à la première ministre Elisabeth Borne, les maires de grandes villes dont 4 élus normands, appellent l'Etat à prendre des mesures urgentes pour l'hébergement des enfants sans-abris. Certains édiles sont confrontés à la saturation des hébergements d'urgence dans leur commune. En août 2022, 42 000 enfants étaient SDF en France.

"Aucun enfant à la rue cet hiver", c'est l'engagement pris par le gouvernement, confirmé par le ministre délégué au logement, Olivier Klein. Dans une lettre ouverte adressée à la première ministre Elisabeth Borne le 15 novembre 2022, 44 élus de grandes villes dont quatre maires normands renvoient le gouvernement et le ministre délégué au logement à leur promesse à l'approche de l'hiver.

Dans ce courrier porté par France urbaine - association représentant l'ensemble des métropoles, communautés urbaines, communautés d'agglomération et grandes villes de France - les signataires relèvent "avec satisfaction la décision prise par le gouvernement de ne pas supprimer les 14 000 places d’hébergement d’urgence, tel qu’il était prévu initialement dans le projet de loi de finances (PLF) pour 2023."  Fin octobre le gouvernement avait en effet renoncé à supprimer des places en hébergement d'urgence pour les personnes sans domicile en 2023, comme il le prévoyait jusqu'ici.

Toutefois, les élus sont inquiets face à la situation d’enfants "parfois très jeunes pour une part scolarisés dans nos écoles et leurs familles dormant encore dans la rue ou dans des squats insalubres et dégradés. Nous sommes nombreux à constater des dispositifs d’hébergement d’urgence saturés sur nos territoires."

"Des mesures en urgence"

Joël Bruneau, maire de Caen, Benoît Arrivé, maire de Cherbourg-en-Cotentin, Nicolas Mayer-Rossignol, maire de Rouen et Joaquim Pueyo, maire d'Alençon sont les élus Normands signataires de cette lettre. 

A Cherbourg-en-Cotentin, nous ne sommes pas directement concernés mais c'est une problématique nationale. Ce courrier est né d'une interpellation de certains maires de France et on porte leur parole.

Benoît Arrivé, maire de Cherbourg-en-Cotentin et Vice-président de France urbaine

France 3 Normandie

"Nous avons un tissus associatif très structuré et la taille de la ville fait que nous ne sommes pas aussi concernés que dans d'autres villes", précise-t-il. C'est également le constat de Joël Bruneau, maire de Caen et trésorier de l'association : "Nous n'avons pas constaté d'augmentation (du nombre d'enfants sans-abris ndlr) mais cela est vrai dans les très grandes villes. Ce courrier est une démarche commune de tous les maries de grandes villes qui alertent." 

On ne peut pas admettre que dans un pays comme le nôtre on ne puisse pas se débrouiller pour que les enfants soient logés. Même si on est souvent pris à parti localement, l'hébergement d'urgence est une compétence de l'Etat.

Joël Bruneau, maire de Caen et trésorier de France urbaine

France 3 Normandie

L'Etat est directement interpellé par les élus. Ils demandent "des mesures en urgence pour la mise à l’abri spécifique de ces enfants et de ces familles", rappelant que la France est signataire de la Convention internationale des Droits de l’Enfants.

D'après les chiffres rapporté par Le Monde, fin octobre 2022, 2000 enfants étaient à la rue chaque nuit, soit deux fois plus qu’en janvier, selon le décompte des demandes d’hébergement d’urgence non pourvues effectuées auprès du 115. En août 2022, plus de 42 000 enfants vivaient dans des hébergements d’urgence, des abris de fortune ou dans la rue selon l’UNICEF France et la Fédération des acteurs de la solidarité.

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