Malgré les "prépas" et les aides gouvernementales, les apprentissages à la peine à cause du coronavirus

Depuis 2 ans, le ministère du Travail a mis en place le dispositif "Prépa apprentissage" pour aider les jeunes à mieux s'intégrer sur le marché du travail par le biais de l'apprentissage. En Seine-Maritime, son efficacité se heurte à la crise du coronavirus Covid-19.

Des élèves assistent à une "prépa apprentissage" à Arques-la-Bataille, en Seine-Maritime.
Des élèves assistent à une "prépa apprentissage" à Arques-la-Bataille, en Seine-Maritime. © Marie Benoist/France3 Normandie
Au centre de formation d'apprentis d'Arques-la-Bataille, en Seine-Maritime, une petite dizaine de jeunes, masques sur le bout du nez, ont fait leure rentrée. Depuis une quinzaine de jours, ils sont rentrés dans le vif du sujet : ils suivent une"Prépa apprentissage".

Le dispositif ministériel a été mis en place il y a deux ans. Bien avant la crise du coronavirus Covid-19. Les élèves sont inscrits à cette formation pour être aidés à mieux construire leur projet professionnel et acquérir les savoir-être nécessaires pour entrer dans le monde du travail. L'objectif : faire découvrir un métier par le biais de stages.

"C'est un parcours de deux semaines avant de se lancer dans un CAP. Je me suis dit que c'était l'occasion parfaite de découvrir un métier, de se lancer", explique Tom, un des élèves.
   

Moins de contacts avec les entreprises

Ce dispositif permet aux élèves d'être en relation beaucoup plus facilement avec des entreprises. Mais les contacts sont en nette diminution depuis plusieurs semaines. Conséquences directes de la Covid-19.

"Les jeunes ont eu des difficultés à retourner en entreprise, à se présenter physiquement pendant cette période compliquée à vivre. Cela a changé complètement les modalités de recrutement", explique Naïma Beriouche, directrice du CFA Eugénie Brazier.

Dans un restaurant du centre de Dieppe, il est de plus en plus difficile de trouver des apprentis. La mise en place du dispositif "prépa apprentissage" apporte un plus : "Je me dirige directement vers les CFA qui ont, eux, des candidats inscrits. Mais cette année, je n'ai eu qu'une candidature", s'attriste la gérante Mathilde Del Nero.

Des aides de plusieurs milliards d'euros

En période d'épidémie, le gouvernement avait annoncé début juin une aide exceptionnelle et immédiate à l'embauche des jeunes qui choisissent ces formations entre enseignement en CFA et pratique en entreprise. Plus d'un milliard d'euros promis.

Le plan prévoit le versement de 5 000 euros pour l'embauche d'un jeune mineur et de 8 000 euros pour un adulte, depuis le 1er juillet et jusqu'au 25 février 2021. Un dispositif qui est éligile du CAP à la licence professionnelle.

Un autre "plan jeunes" de 6,5 milliards d'euros sur deux ans doit concerner tous les nouveaux arrivants sur le marché de l'emploi. Celui-ci table notamment sur la signature de 230 000 contrats d'apprentissage.
 
Malgré les "prépas apprentissage" et les aides gouvernementales, l'emploi des moins de 25 ans est en difficulté. Selon les derniers chiffres de Pôle Emploi, le nombre de demandeurs d'emplois chez les moins de 25 ans a augmenté de 34 % entre le premier et le deuxième trimestre 2020.
 
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