De père en fille, le tissage du lin normand renaît au Pays de Caux

Marion, fille d'une famille de tisserands cauchois, ne pouvait se résoudre au démontage de la dernière ligne de tissage de lin. Elle a relancé la machine. C'est l'amorce de la relocalisation du tissage du lin français qui partait souvent en Chine.
Aux tissages du Ronchay, le lin fait son retour sur une ligne de production
Aux tissages du Ronchay, le lin fait son retour sur une ligne de production © J. Rousseau/France Télévisions

"Il ne faut pas attendre de se réveiller dans quatre ou cinq ans, voir notre savoir-faire disparu.  Quand on a un patrimoine familial c'est un devoir de lui donner un avenir !". Delphine Diarra Lardans est résolue.

Les tisserands de l'entreprise familiale, créee en 1845, continueront à tisser cette histoire. Le lin est revenu sur le métier au Pays de Caux, près des champs où pousse cette fibre de qualité réputée dans le monde entier.

Les bobines de lin normand sont arrivées en octobre aux tissages du Ronchay. Le métier à tisser qui fabriquait de la toile de jute retrouve le lin aux reflets argenté.
 
Au pays de Caux, la première ligne de tissage de lin redémarre

Relocaliser le tissage en France et les emplois disparus

Pour commencer, le lin normand est tissé pour faire des sacs et des pochettes, avec un message, manifeste pour l'économie locale. "Ce sac est 100% cauchois"

Bientôt une seconde ligne de tissage sera créee pour travailler un fil de lin plus fin. 

Une entreprise locale, Somatico,  spécialisée dans le vêtement de travail, participe à la fabrication. Elle a une antenne voisine de l'usine à Luneray. 

"On est sur place, on est ensemble, on conçoit les prototypes avec les couturières. Dans la journée, nous sommes capables de concevoir un projet et de lancer la production 48 heures après"
(François Puech d'Alissac, directeur de Somatico)
 
© J. Rousseau/ France Télévisions

La pandémie incite à réfléchir sur la dépendance des économies avec la Chine

Les producteurs de lin français souhaitent que des filatures renaissent notamment en Normandie. 

En septembre, le député de Seine-Maritime Xavier Batut s'est déplacé en Pologne avec deux autres parlementaires dans une filature de Safilin, industriel français. 

Pour Marie-Emmanuelle Belzung, Déléguée Générale de la Confédération Européenne du Lin et du Chanvre  :

   « Nous nous réjouissons de la mobilisation des députés français conduits par Xavier Batut à positionner la filière du lin dans le plan de relance : au niveau agricole soutenir le stockage de paille chez les liniculteurs, et soutenir la R&D pour s’adapter aux évolutions climatiques. Au niveau textile, retrouver une souveraineté nationale avec la réimplantation de filature en France"
 


 

 

Sur le plateau du Neubourg, la récolte du lin a commencé

Le lin couché dans les champs depuis juillet est enroulé et transporté dans la coopérative du Neubourg dans l'Eure. Le marché du lin a été très perturbé par la pandémie. Les cultivateurs normands vont s'adapter et plus que jamais la relocalisation des filatures en France est d'actualité.


 
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