Près de Dieppe, la CPAM refuse de financer la motorisation du fauteuil de son fils handicapé

Deacon entouré de sa famille / © DR
Deacon entouré de sa famille / © DR

Sandrine Cappe est la mère de Deacon, enfant polyhandicapé de 13 ans. Elle a sollicité l'aide de la Caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) pour motoriser le fauteuil de son enfant. Une demande qui lui a été refusée sans raison claire.

Par Baptiste Galmiche

"Je suis écœurée". Sandrine Cappe ne revient toujours pas du refus de la CPAM de motoriser le fauteuil de Deacon, polyhandicapé. L'adolescent de 13 ans, atteint d'un encéphalite depuis l'âge de 6 ans, pèse 41 kg. Son fauteuil en pèse 60. "C'est extrêmement lourd, 100 kg,  commente Sandrine, notamment lorsqu'il faut le transporter dans notre camion."

La solution idéale : un petit moteur installé sur le fauteuil, qui permettrait de soulager l'aidante... à 4 180 euros, pris en charge à moitié par la Sécurité sociale. Pour cela, la famille prend rendez-vous avec un ergothérapeute qui doit remplir un formulaire. "Nous avons eu un rendez-vous au bout d'un an", tient à préciser Sandrine.
 

"Votre demande ne peut pas être acceptée"


Début janvier, la mauvaise nouvelle tombe. La famille reçoit un appel de l'appareilleur qui lui indique que Deacon "ne répondrait pas aux critères". Lesquels ? À la CPAM, les informations qu'on donne à Sandrine ne sont pas plus claires.

"Après examen de votre dossier, votre demande ne peut pas être acceptée", indique simplement le courrier de refus, qu'on lui donne lorsqu'elle se présente sur place, mais qu'elle n'a par ailleurs jamais reçu. "On n'a eu aucune explication, et personne ne sait me dire pourquoi mon dossier a été refusé", se désole Sandrine.

Face à ce "parcours du combattant", comme elle aime à le marteler, la mère de famille formule un recours. Une procédure de plus. "Ils m'ont dit que si je n'ai pas de réponse au bout de deux mois, ce serait de nouveau considéré comme un refus", s'offusque Sandrine qui se sent laissée à l'abandon par l'organisme de santé. "J'ai pleuré lorsque j'ai reçu ce courrier."

Contactée par nos soins, la Caisse primaire d'assurance maladie de Rouen-Elbeuf-Dieppe assure suivre "de près" ce dossier. Celui-ci sera "présenté en réunion le 5 mars avec les partenaires internes de l'Assurance maladie" afin d'"apporter une réponse" à Sandrine Cappe.
 

Une cagnotte pour aider Sandrine et son fils


La réponse de la CPAM devrait être connue lors d'un prochain conseil de santé. "Quelle que soit leur réponse, je me procurerai ce moteur", assure Sandrine. Car ce dispositif, ce n'est pas un luxe, ni une lubie. "Je commence à avoir mal au dos et je fais des sciatiques, à force de pousser le fauteuil. Et Deacon va continuer de grandir et de grossir !"

Face à la médiatisation de son histoire, certains ont poussé la famille à créer une cagnotte en ligne. Sandrine y était hostile au départ : "Les gens sont beaucoup sollicités par les cagnottes. Ce n'est pas facile de toujours demander de l'argent".

La mère de Deacon veut croire à la résolution de son problème. "J'ai espoir que mon recours aboutisse", conclut-elle.

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