Transat Jacques Vabre 2023 : le Havre et le café, c'est toute une histoire !

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Le Havre et le café, toute une histoire ! ©France 3 Normandie

Avec le Vendée Globe ou la Route du Rhum, elle est devenue l’une des références de la course au large. La Transat Jacques Vabre qui s'élance du Havre ce dimanche 29 octobre fête ses 30 ans. L'occasion de revenir sur l'origine de son parcours qui prend ses racines au XVIIIe siècle, quand les navires marchands partaient à vide pour revenir les cales pleines à craquer de cet or vert aux mille et une saveurs...

Dimanche 29 octobre, ils seront 99 duos de skippers à s'élancer au large du Havre pour la plus longue des transatlantiques en double, sans escale et sans assistance. Une course sur les traces des grands navigateurs qui, au XVIIIe siècle, traversaient l’Atlantique pour ramener le café d’Amérique du Sud. Le Havre était alors le plus grand port caféier français.

Une histoire fort de café

Avec deux habitants sur trois qui en boivent régulièrement, le café est une des boissons les plus consommées au monde. Pas étonnant donc qu'une course nautique porte haut ses couleurs. La Transat Jacques Vabre, c'est un hommage à cette route commerciale qui reliait Le Havre, place forte du négoce de café, à l'Amérique du Sud et l'ensemble de ses produits exotiques.

Du 18ᵉ siècle à nos jours


La route du café fait rêver plus d'un skipper. Exemple avec la jeune Clarisse Crémer qui va réaliser sa troisième transatlantique, mais la première en Imoca aux côtés d'Armel Le Cléac'h sur Banque Populaire X. Au-delà de son côté "compétitrice et performeuse" qu'elle aime rappeler, elle est aussi sensible à l'histoire de cette route commerciale maritime.

Je me dis qu'on prend un bateau à voile pour aller au Brésil, c'est vraiment un moyen de locomotion extraordinaire ! On pense aux commerçants de la route du café d'autrefois... Ce n'est pas anodin ! J'y pense souvent quand je suis en mer parce que c'est aussi ça qui fait partie intégrante de mon amour de la voile, ce côté "je suis sur la planète terre et j'arrive à traverser un océan" !

Clarisse Crémer, Banque Populaire X

Le Havre et le café, c'est une histoire qui commence en 1728, quand les premiers sacs de jute remplis de cet or vert sont déposés à quais et parfument l'air de la cité océane. Coup de foudre olfactif et commercial pour le port fondé par François 1ᵉʳ qui devient alors la porte d'entrée des produits issus des colonies. Les négociants, eux, profitent des avantages fiscaux accordés par le roi.

Jusqu'à la fin des années 30, Le Havre est la place forte du négoce de café en Europe, au point de rivaliser avec New York. La seconde guerre mondiale change la donne, mais le Havre reste aujourd’hui le premier port français en la matière et les entrepôts et brûleries havraises dédiées à sa torréfaction constituent un patrimoine affichant encore une belle dynamique. 

La torréfaction, un art qui se cultive au Havre


Au moment de la torréfaction, l'or vert acquiert sa saveur et sa couleur robe de moine, ce marron caractéristique d'une bonne cuisson. 
L'alchimie opère dans des machines modernes où plus anciennes sous l'œil aiguisé du torréfacteur.

On n'apprend pas le métier dans les bouquins, c'est avec l'expérience ! C'est une matière vivante et c'est ça qui est passionnant et qui fait que j'adore travailler le café.

Kheira Boulakhras, Torréfactrice pour la Maison Lemétais

Véronique, image d'une reconversion réussie dans le café

Nous sommes allés à la rencontre de Véronique Lessard-Leclerc, artisan torréfacteur ambulant, que les Havrais connaissent sur les marchés de Sainte-Cécile et d'Applemont. Elle y est présente depuis 3 ans maintenant... "On m'appelle Madame Café sur les marchés" aime raconter la torréfactrice.

Je fais une torréfaction lente, précisément 5 kg de café en 20 minutes. Comme la bonne cuisine, tous les arômes vont se mélanger lentement et le café va alors révéler tous ses arômes. Et quand on moud le grain, on a ces odeurs qui sont extraordinaires. Ce sont des petites madeleines de Proust !

Les gens passent et disent "Qu'est-ce que ça sent bon !" Même s'ils n'aiment pas le café, ils me racontent que ça leur rappelle l'odeur de chez leur grand-mère au petit-déjeuner", dit-elle. 

L'aventure caféinée de Véronique est toute récente. Elle n'était pas du tout dans le café il y a encore 3 ans. Elle ne supportait pas l'idée d'une pré-retraite inactive. Et s'est formée auprès de son prédécesseur avant de reprendre son affaire. Belle histoire et belle reconversion réussie ! 

Article initialement publié en octobre 2019.

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