Nucléaire : premières informations sur le contexte de la chute du générateur de vapeur à Paluel

© France 3 Normandie
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Nous avons pu consulter la synthèse de l'inspection des experts de l'autorité de sûreté nucléaire arrivés sur les lieux le 31 mars dernier. Elle relève des insuffisances entourant la manutention du générateur de 450 tonnes dans le réacteur numéro 2, à l'arrêt

Par Sylvie Callier



Le document de 5 pages devrait être publié prochainement sur le site de l'autorité de sûreté nucléaire. Il s'adresse à la direction de la centrale de Paluel.

Plusieurs points attirent l'attention :
  • Incertitude sur l'enregistrement des images de la chute du générateur de vapeur : des représentants de la centrale ont indiqué que des caméras avaient filmé l'accident survenu à 13 heures. Ils ont ajouté, selon l'ASN, que les images n'avaient pas été enregistrées. L'autorité de sûreté nucléaire demande la confirmation de cette information.
  • Des plans légendés pour la mise en place des engins de levage "difficilement" lisibles : L'ASN remarque que le document pour guider le chantier de levage du générateur de 450 tonnes était en format A3, alors qu'il doit être fourni aux équipes en très grand format "A 0"
  • Le délai entre le montage du palonnier de manutention et sa vérification. L'ASN relève que la mise en place est datée du 11 octobre 2015 et que la vérification du  "bon montage" a été effectuée le 20 mars 2016. Elle questionne la direction sur "l'incidence potentielle" de ce  délai. Elle note aussi que la vérification n'a pas été renouvelée entre le 20 mars, début des opérations de levage des deux autres générateurs à évacuer et le 30 mars, veille de l'acccident.
  • Les conséquences sur la solidité du bâtiment réacteur. L'Autorité de sûreté nucléaire relève que la chute du générateur de vapeur a endommagé des plateaux de protection de la piscine de stockage d'uranimum (vide au moment de l'intervention). Les experts demandent que la centrale mène des investigations sur les conséquences éventuelles sur les structures et équipements.
L'autorité demande à être informée de l'évolution éventuelle de la radioactivité mesurée dans l'air du bâtiment. Elle précise que le 1er avril, lendemain de l'accident la radioactivité correspondait au "bruit de fond habituel" de 1Bq/m3.

Concernant les causes du basculement du générateur de vapeur, l'ASN émet l'hypothèse d'une défaillance du dispositif ou des accessoires de levage.

Les inspecteurs soulignent que les premières actions d'EDF sont "globalement" satisfaisantes et que les informations ont été transmises avec transparence.
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