2023 sous le signe de la mémoire et des innovations pour les visiteurs au musée des Beaux-arts de Rouen

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Écrit par Quentin Bral .

En cette année 2023, c'est l'importance de la mémoire qui prime au Musée des Beaux-Arts de Rouen. Entre histoire de l'esclavage et redécouverte de nos racines normandes, trois expositions rythmeront la vie culturelle de l'esplanade Marcel Duchamp.

Au cœur du jardin des sculptures du Musée des Beaux-Arts de Rouen, une lumière douce, paisible. On pourrait s'y poser des heures et observer avec attention les peintures d'une taille démesurée.

Mais le regard est rapidement attiré par la sculpture de Géricault. Figure contradictoire, il a été défenseur de l'abolition de l'esclavage mais il s'est aussi enrichi grâce au commerce triangulaire. Alors n'est-ce pas là tout l'enjeu de recontextualiser notre histoire ? De se remettre en question ? 

C'est ce que va tenter de faire le Musée des Beaux-Arts autour de la question de l'esclavage mais pas seulement. 

Du sucre, de sueur et de sang 

C'est une exposition collaborative entre Rouen, Honfleur et Le Havre, où le travail sur la mémoire est primordial, de par son passé colonial, de par son implication dans le commerce triangulaire et la traite négrière. Entre abolitionnistes ancrés en Normandie et prospérité des importateurs de sucre ou de tabac, l'objectif est de retracer cette histoire, parfois niée ou oubliée. Mathilde Schneider ajoute. 

On a tendance à oublier que Le Havre a joué un rôle déterminant à cette époque en tant que port d'importation et d'exportation, plus que Nantes par exemple. L'idée est de voir tout cela de manière concrète. Nous avons donc décidé de proposer une exposition virtuelle en plus sur les ports de Bordeaux, Nantes et Richmond.

Mathilde Schneider, directrice du pôle muséal Beauvoisine, musée des Antiquités et muséum d'Histoire naturelle

Les visites seront ouvertes du 10 mai au 18 septembre. 

Migrants, conquérants, innovateurs 

Connaissez-vous réellement votre histoire ? Vous qui êtes Normand. C'est une expérience à part entière qui vous sera proposée du 14 avril au 13 août, à travers l'exposition "Migrants, conquérants, innovateurs", à cheval entre le musée des Beaux-Arts de Rouen et le musée Beauvoisine. Un véritable envers du décor, un retour à la genèse de notre contrée.

Aujourd'hui, les migrations de populations liées à des contextes de guerre ou des conditions climatiques, peuvent être mal vues, peuvent créer de l'anxiété chez certains. Pourtant, elles ont contribué à de nombreuses avancées et au développement du territoire normand. Les traces sont encore palpables. Le nom "Caudebecq" par exemple qui tire sa particule "bec" du scandinave qui veut dire ruisseau. Pour Mathilde Schneider, il était indispensable de revenir à nos origines. 

Cela fait trente ans maintenant que nous n'avons pas réalisé d'exposition en rapport avec cette histoire de Normandie. C'était d'autant plus important de le faire dans un contexte tendu autour des migrations.

Mathilde Schneider, directrice du pôle muséal Beauvoisine, musée des Antiquités et muséum d'Histoire naturelle

Cette exposition regroupera des œuvres du monde entier : Turquie, Islande, Egypte... 

Exposition Martin Barré, symbole d'après-guerre 

Il s'agit de la première exposition de l'année au MBA de Rouen. Quatorze peintures, étalées dans les salles permanentes du musée, du 10 février au 18 septembre 2023. Susciter la curiosité et le débat étaient les armes du peintre Martin Barré. Figure de l'après Seconde guerre mondiale, il souhaitait alors réinventer la peinture comme si elle n'avait jamais existé. "L'art contemporain est utilisé ici comme vecteur d'échanges entre les générations", précise Florence Calame-Levert, conservatrice du musée.

 

Dans son processus de réalisation, il est l'un des premiers à avoir mis une distance avec la toile, sans pinceau, il avait alors recours à la bombe aérosol. L'exposition sera accessible à tous gratuitement. 

La Normandie sous les lumières scandinaves 

Pour sa dernière exposition, le musée des Beaux-Arts mise sur un autre regard, étranger cette fois-ci. Loin de la lumière locale, elle s'attardera sur des histoires scandinaves, norvégiennes plus précisément du 14 avril au 13 août. Une carte blanche est offerte à Terje Abusdal, Ole Marius Joergensen et Marie Sjovold. 

Vous y retrouverez la question de la frontière avec le premier photographe, l'histoire d'un commerçant nomade avec le deuxième ainsi qu'une approche de la photographie comme une sculpture avec la troisième. Des univers divers et variés pour le plus grand bonheur des Rouennais. 

Un accès facilité aux expositions

D'autres initiatives valent le détour pour cette année 2023. Le MBA de Rouen se lance dans une expérience unique : améliorer les visites des curieux venus découvrir ou redécouvrir les nouvelles expositions. Car un fléau dissuade encore le déplacement. 

La pénibilité pour certaines personnes de tenir une visite pendant plusieurs heures, qu'elle soit âgée, avec des enfants ou encore en situation de handicap.

Frederic Bigo, responsable du service développement des publics

Le responsable est assis sur ce que l'on appelle une "flâneuse". Une sorte de déambulateur, sur lequel on peut s'asseoir ou attacher son enfant. Un appui non-négligeable qui est mis à l'essai jusqu'au mois de mars. Dix sont à disposition pour le public. Coût total de l'opération : 12 000 euros. 

A cela s'ajoute, une tablette tactile et sonore, créée par une entreprise rouennaise. Elle permettra aux personnes malvoyantes de se repérer dans le musée en totale autonomie. Une réelle révolution. Décidemment, le musée est aussi bien ancré dans le passé que dans le futur. 

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