Après les inondations, quelles démarches effectuer avec les assurances

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Écrit par Richard Plumet

Après le torrent d'eau et de boue qui a dévalé les rues du nord de Rouen (Seine-Maritime) le 4 juin 2022 causant la mort d'une personne, de nombreuses habitations ont été inondées. En attendant une éventuelle reconnaissance de catastrophe naturelle, des démarches sont à faire sans tarder pour prétendre à des indemnisations.

L'épisode orageux survenu à Rouen en fin d'après-midi le samedi 4 juin 2022 a été particulièrement intense et violent. En quelques minutes, de l'eau a ruisselé sur les côteaux de Bois-Guillaume avant de se transformer en un torrent charriant de la boue et toute sorte de débris.
Un torrent qui a dévalé en direction de la gare de Rouen, par le Chemin de Clères puis la rue Verte, fauchant et emportant une passante qui s'est retrouvée noyée sous une voiture…

Des habitations inondées

Pendant l'orage, et avec la force du torrent qui coulait le long des rues de Bois-Guillaume, Mont-Saint-Aignan et Rouen, des caves, des garages, des sous-sols et le rez-de-chaussée de nombreuses maisons ont été inondés. De l'eau a pénétré dans les habitations emportant avec elle de la boue comme dans un logement du bas de la rue Verte, mais aussi rue Malatiré où le bureau d'un designer s'est retrouvé sous un mètre d'eau…  

Que faire pour être indemnisé ?

A Rouen, dès le lendemain de l'orage, les habitants du quartier de la gare étaient sous le choc en apprenant la mort d'une femme, emportée par les eaux. Parmi les victimes des inondations, beaucoup relativisaient en expliquant que des dégâts matériels ne sont rien en comparaison d'une vie humaine. Cependant, et avec le retour du soleil, il a bien fallu s'occuper des locaux inondés et des dégâts causés par l'eau et la boue. Nettoyer, sécher et se préoccuper de la question des assurances.  

Si avec le long week-end de la Pentecôte, tout le monde n'a pas pu contacter son assureur le dimanche et le lundi, il faut savoir que dans le cas d'un sinistre provoqué par une inondation, il faut le déclarer dans les cinq jours. Autre priorité : faire l'inventaire des dégâts en listant tous les biens endommagés et en les prenant en photo. Pour estimer leur valeur, les compagnies d'assurance recommandent, en plus, de retrouver et de regrouper tous les documents en rapport tels que factures, tickets de caisse, certificats de garantie…

Les dégâts causés par une inondation seront-ils indemnisés ?
Cela dépend du contrat souscrit. Un contrat (obligatoire) couvrant les dégâts des eaux ne concerne pas les dégâts causés par une inondation. Seul un contrat spécifique comprenant, selon les compagnies, une "garantie inondation"  "évènement climatique" ou "tempête" permettra d'être indemnisé et ce en fonction du plafond et de la franchise du dit contrat comme le précise l'association de défense des consommateurs  "Que Choisir"
Pour des dégâts importants, et d'une valeur dépassant plus de 1500 euros, l'assurance peut demander le passage d'un expert. Il est donc fortement recommandé, dès que l'on appelle son assureur, de demander si l'on doit laisser en état les objets, meubles et pièces endommagés par l'inondation.  

Indemnisation en cas de reconnaissance de catastrophe naturelle

Les victimes d'inondations qui ont souscrit un contrat d'assurance habitation multirisques  pour leurs biens (dont la liste est définie dans le contrat) pourront bénéficier d'une "garantie catastrophes naturelles". Pour cela il faut que la commune où a eu lieu l'inondation fasse la demande "de reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle. Cette requête remonte jusqu'au Gouvernement, seul habilité à reconnaître cette situation" précise le site économie.gouv. fr  qui ajoute que cette "reconnaissance" est ensuite effective (si elle acceptée) par un arrêté interministériel, dont seule la parution au Journal officiel permettra aux victimes d'être indemnisées.

Dès l'arrêté publié, les personnes sinistrées auront ensuite un délai de dix jours pour contacter leur assurance  afin de bénéficier des conditions d'indemnisation prévues dans le cadre d'un état de catastrophe naturelle.

Dans le cas des inondations de Bois-Guillaume, Mont-Saint-Aignan et Rouen du 4 juin 2022, si on ne savait pas encore ce mardi 7 juin où en étaient les demandes, dès le lendemain des orages, le ministre de l'Intérieur déclarait que "sous l’autorité de la Première ministre, l’Etat sera réactif avec un examen rapide des demandes de reconnaissance de catastrophe naturelle et ainsi permettre aux personnes de déclencher leurs assurances."