Comprendre les causes de l’obésité pour mieux la soigner

Un normand sur cinq souffre aujourd’hui d’obésité. Le Centre de nutrition de Bois-Guillaume (76) propose une prise en charge personnalisée, qui tient compte des raisons qui ont amené le patient à prendre du poids.
 
Soigner l'obésité ne se limite pas à suivre un régime et faire du sport
Soigner l'obésité ne se limite pas à suivre un régime et faire du sport
Bertrand est chef d’entreprise. Depuis plus de 30 ans, il gère ses salariés, ses fournisseurs, ses clients. Un travail souvent source de stress qu’il a pris l’habitude de calmer par la nourriture.

Quand j’avais un souci, je me mettais devant le frigo. Je mangeais des quantités industrielles de bêtises, le plus souvent des aliments gras et sucrés, pour me calmer. Manger calmait mon cerveau. C’était anesthésiant.

Bertrand


Mais une fois qu’il avait craqué, explique-t-il, un sentiment de culpabilité, pire que l’envie de manger, s’installait en lui.
   

Une prise en charge sur-mesure et pluridisciplinaire


Pour apprendre à mieux maîtriser son impulsivité alimentaire, Bertrand et quatre autres personnes se sont engagés dans un programme de prise en charge de l’obésité, organisé au sein du Centre de nutrition de Bois-Guillaume, par le CHU de Rouen.

Durant 14 séances, à raison d’une par semaine, une équipe de professionnels (médecin, infirmière, diététicien, psychologue…) intervient auprès des patients pour leur apprendre à gérer leur stress autrement que par la compulsion alimentaire.
 
Le Centre de nutrition de Bois-Guillaume apprend à gérer l'impulsivité alimentaire

Hypnose et méditation de pleine conscience


Parmi les soignants, Cynthia Vieilleuse, la psychologue, mène des séances d’hypnose et de méditation de pleine conscience.
Le constat de départ est simple. Dans notre quotidien, nous avons tous des états de conscience différents : par exemple lorsque nous rentrons chez nous et qu’en conduisant nos pensées divaguent, nous sommes dans un état de conscience modifié.

A certains moments, notre conscience est presque absente, c’est un état proche de l’hypnose. Et à d’autres, nous percevons tout ce qui se passe en nous et autour de nous : c’est la pleine conscience.
 

La méditation de pleine conscience vise à développer ces états de pleine conscience. Cela permet de ralentir le rythme et d’observer ce qui se passe en soi. Le patient va alors se rendre compte que parfois, c’est un autre besoin, celui d’être rassuré ou de se distraire, qui appelle l’envie de manger.

Cynthia Vieilleuse, psychologue



Cette prise de conscience permet au patient de remettre en cause son comportement habituel de compulsion et de choisir plus librement la façon dont il va gérer cette émotion.

Identifier les causes de l’obésité pour mieux la soigner


Gestion de l’impulsivité alimentaire, équilibre de vie, estime de soi…Le Centre de nutrition de Bois-Guillaume propose sept traitements ambulatoires, ciblés sur les besoins du patient. Chaque fois, une large part est faite à la prise en charge psychologue.

Vanessa Folope, médecin endicronologue à la tête de cet établissement, nous explique pourquoi.
 
"Si on ne comprend pas ce qui les a fait grossir, on ne les aide pas à maigrir à long terme."


L’obésité, une maladie qui touche un normand sur cinq


Aujourd’hui, 20% de la population normande a un indice de masse corporelle supérieur à 30 (IMC = poids divisé par la taille au carré) et souffre d’obésité.

Trop souvent, la société considère qu’il suffit aux personnes obèses de restreindre leur alimentation et de faire du sport pour maigrir. Président régional de la Ligue contre l'obésité et chirurgien digestif Olivier Foulatier, rappelle qu’il s’agit d’une maladie plurifactorielle et non d’un choix de vie.
 
"On ne choisit pas d’être obèse. C’est une maladie" précise Olivier Foulatier


Depuis 1997, l’Organisation mondiale de la Santé considère même l’obésité comme une maladie chronique.
Vanessa Folope nous explique pour quelles raisons cette maladie doit être prise en charge.
 
"Aider les personnes obèses à maigrir pour les prémunir de complications médicales futures"
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