Coronavirus : un cimetière de "chemises blanches " à Rouen pour alerter sur la crise des maîtres d'hôtels

Les maîtres d'hôtel et les cuisiniers dans l'événementiel alertent sur leur situation dans la restauration. Privés d'activités par les mesures anti Covid-19, ces professionnels sont durement touchés. Ils ont manifesté à Rouen devant la cathédrale tôt ce mardi matin pour éviter tout rassemblement. 
26 mai 2020 -  Action des  "Chemises blanches" devant la cathédrale de Rouen
26 mai 2020 - Action des "Chemises blanches" devant la cathédrale de Rouen © Didier Meunier / France Télévisions
En costumes noirs et nœuds papillons, leurs tenues professionnelles, près d'une trentaine de maîtres d'hôtel et cuisiniers de la restauration évenementielle se sont rassemblés tôt ce mardi 26 mai 2020 devant la cathédrale de Rouen. Ils sont venus dès 6 heures pour ne pas déroger aux règles anti rassemblements.

Au menu, une action symbolique : près de 200 chemises et vestes blanches étalées au sol, comme la métaphore d'un cimetière dans lequel est en train de s'enterrer leur profession, avec des situations parfois plus que critiques.

Pour Cyndy Leroux, maître d'hôtel, il y a de quoi s'inquiéter et le message lancé par ces chemises blanches à terre est on ne peut plus clair:   
 

Elles symbolisent la mort de notre métier car, aujourd'hui nous avons la sensation d'être les oubliés du gouvernement. Depuis ce mois de fevrier, à cause de la crise du coronavirus, notre metier où les personnes se regroupent forcément a été un des premiers impacté et sera malheureusement un des derniers à repartir!

 
la colère des chemises blanches ©France 3 Normandie


"Il faut travailler au moins 910 heures pour toucher le chômage" 

Ces salarié(e)s sont pour la plupart des "extras", habituellement embauchés en CDD sur des mariages, des salons, des coktails et autres réceptions. 
Il leur faut travailler 910 heures dans l'année pour bénéficier du chômage qui leur permet de tenir dans les périodes creuses.
Mais avec ce manque d'activité professionnelle depuis deux mois, ces indemnités fondent à vue d'œil. 

Alors pour Andy Leblanc, président de l’Organisation du Personnel de la Restauration dans l’Evénementiel (Opre), la solution est simple et dépend d'une décision gouvernementale :

Il nous faudrait le gel des jours Assedics pour les gens qui n'ont pas pu faire leurs 910 heures avant le confinement, mais aussi pour ceux qui ont usé leurs jours pendant le confinement, et pour ceux qui vont se retrouver sans activité après le confinement. En fait, il nous faudrait aussi une année blanche, comme les intermittents du spectacle. 
 

2020, une année blanche ?  

Reporté pour l’instant en septembre, le statut des maîtres d’hôtel se rapproche en réalité de celui des intermittents du spectacle.
D’où ce souhait, émis par la profession, de voir élargie aux premiers la prolongation des droits accordée aux seconds. 

A l’inverse des intermittents, les salariés de la restauration dans l’événementiel ont perdu en 2014 leur régime spécifique d’assurance-chômage, pour basculer dans le régime général, pourtant moins favorable.

Du coup, leur organisation professionnelle, l’Opre, demande aujourd’hui à ce que le secteur fasse l’objet d’un examen spécifique dans le cadre du deuxième volet de la réforme de l’assurance-chômage.
 


Pour tenter de trouver une solution à la crise, un rendez vous a d'ailleurs été fixé pour ce jeudi 28 mai entre l'organisation du personnel de la restauration dans l'événementiel et le ministère du travail.




 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
déconfinement société gastronomie culture mouvement social économie social