Dans l'agglo de Rouen et dans le pays de Bray, une association va organiser des prélèvements de cheveux pour en savoir plus sur notre santé

L'incendie de Lubrizol a été le déclencheur de cette démarche. Quels sont les polluants et les métaux absorbés par nos corps ? Une association va organiser des dépistages capillaires dont les résultats sont attendus d'ici la fin du printemps.

"Nous faisons ce qui aurait dû être fait dans les semaines qui ont suivi l'incendie de l'usine Lubrizol", s'exaspère Simon de Carvalho, président de l'association des sinistrés de Lubrizol. Cette association va organiser le 26 mars 2022 des prélèvements de cheveux auprès d'enfants qui résident dans l'agglomération rouennaise et dans le pays de Bray. 

Détecter jusqu'à 1800 polluants et 49 métaux

Si il sait que les résultats des prélèvements de cheveux n'auront pas de liens directs avec l'accident industriel, Simon de Carvalho souhaite "évaluer la santé des habitants du territoire" en comparant les résultats avec des études similaires menées ailleurs en France. "Cette campagne va permettre de détecter jusqu'à 1800 polluants et 49 métaux que nos organismes ont pu assimiler, souligne M. de Carvalho, il s'agit de savoir si, sur notre territoire très industriel, notre santé se dégrade."

La campagne de prélèvements devrait se dérouler près du palais de justice de Rouen. Elle concernera pour moitié des jeunes garçons et pour l'autre moitié des jeunes filles, tous âgés de 5 à 16 ans. Pour vous inscrire, contactez M. de Carvalho à : victimesdelubrizol@protonmail.com. Une autre campagne de dépistage auprès d'adultes aura lieu dans un second temps selon l'organisateur. "La région est très polluée, avance M. de Carvalho, nous avons un bruit de fond très important notamment parce que l'identité de notre territoire est marquée par les sites classés SEVESO." La Normandie compte en effet plus de 80 sites industriels SEVESO, notamment dans la vallée de la Seine. 

Donner des éléments probants aux décideurs politiques

Simon de Carvalho précise que l'étude scientifique va coûter 29.000€ et est subventionnée à hauteur de 8500€ par la ville de Rouen. "Nous espérons que la région, le département et métropole mettrons la main à la poche", ajoute le président de l'association des sinistrés de Lubrizol. "Si demain les analyses scientifiques prouvent une forte toxicité sur notre agglomération, alors les décideurs politiques devrons réagir, prévient-il, nous récoltons ces informations pour donner des éléments probants à ceux qui gouvernent."

Les résultats de l'étude sont attendus à la fin du premier semestre 2022.