Lubrizol : la cueillette des champignons est elle dangereuse pour la santé ?

© France 3 Normandie
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Peut-on encore cueillir et consommer des champignons dans la région de Rouen ? En pleine saison de cueillette, la question se pose après l'incendie de Lubrizol. A Grand-Couronne, un mycologue est venu ce samedi expliquer sur place les bonnes pratiques de récolte dans la région.  
 

Par Catherine Lecompte

Avec l'automne, la saison des champignons est revenue. Mais dans la région, l'incendie de Lubrizol et les rejets de son nuage toxique, notamment en forêt verte près de Rouen, freinent un peu les ardeurs de fidèles cueilleurs. Les champignons, pourtant abondants cette année, sont ils tous bons pour la consommation ? Quelle attitude adopter ? 

En fait, même s'il faut toujours s'informer et vérifier auprès d'un spécialiste (pharmacie, etc...), la nature et l'espèce des champignons trouvés, les mycologues recommandent cette année plus que jamais une extrême prudence. 

Selon Loïc Gélard, mycologue à Grand Quevilly, mieux vaut cette saison s'abstenir de cueillette dans le secteur de la forêt verte, aux portes de Rouen, et du côté de Dieppe, en fait dans tous les endroits où le nuage toxique émis par l'incendie de Lubrizol a pu potentiellement passer. 

"Les champignons sont de véritables éponges à polluants et concentrent les métaux lourds, les hydrocarbures et la pollution atmosphérique les impacte fortement. "

De toute façon, quelque soit l'endroit choisi pour la cueillette, il est fortement recommandé de ne pas consommer plus de 200g de champignons par semaine.   
  
 
La cueillette des champignons


La législation sur la cueillette dans l'Eure et en Seine-Maritime

Les forêts domaniales sont la propriété privée de l'Etat. La cueillette des champignons y est tolérée pour une consommation familiale.
Il n'y a pas d'arrêté préfectoral sur le ramassage des champignons dans l’Eure et en Seine-Maritime, seule la réglementation nationale s'applique. 

La cueillette est donc tolérée pour un volume qui n'excède pas 5 litres. 

Au-delà de 5 litres, l'enlèvement devient frauduleux et peut donner lieu à de lourdes peines :
entre 5 et 10 litres, l’article R163-5 du Code forestier spécifie que le prélèvement est passible de l’amende prévue pour les contraventions de la 4e classe, soit 135 €
au-delà de 10 litres, l’article L163-11 du Code forestier stipule qu’il s’agit d’un délit, puni par l’article 311-3 du Code pénal et passible de 3 ans d’emprisonnement et 45.000 € d’amende.
 
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Un comportement respectueux pour la protection de ce patrimoine naturel 

Pour limiter le prélèvement intensif des espèces fongiques sauvages et sauvegarder la biodiversité des forêts, chaque cueilleur doit savoir qu'il est indispensable de : 

couper les champignons avec un outil coupant plutôt que de les arracher pour ne pas abîmer le mycélium,
ne pas retirer du sol un champignon que l’on ne mangera pas (par exemple s’il est trop vieux ou non comestible),
ne pas trop piétiner la zone où ils poussent.

(source ONF) 
 

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