Un refuge pour félins à La Mailleraye-sur-Seine accusé de maltraitance animale

Après avoir mené l’enquête pendant 1 an, l’association « Agir pour le Vivant et les Espèces Sauvages » (AVES) accuse le refuge « Caresse de tigre » d’exploiter les animaux en dehors de tout cadre légal. 14 félins ont été saisis par l’Office français de la biodiversité.
 
© France Télévisions
Depuis plusieurs années, il n’est pas rare de voir des personnalités prendre des vidéos ou des photos avec des félins dans des zoos à l’étranger. Il y a un mois, deux candidats de télé-réalité suivis par plus de 6 millions de personnes sur les réseaux sociaux publiaient une vidéo dans laquelle ils « jouaient » avec un bébé tigre en cage dans un zoo à Dubaï.
 
Mais il est plus étonnant de savoir que ces pratiques ont également lieu en France. Après un an d’enquête, l’association AVES basé à Rouen accuse le refuge « Caresse de tigre » situé à La Mailleraye-sur-Seine d’accueillir des visiteurs toute l’année sans autorisation et contre rémunération. Selon l’association, le refuge demande aux visiteurs de faire des dons de 50€ pour dix minutes d’interaction avec un lionceau. De même, toujours selon AVES, plusieurs visiteurs pourraient entrer dans l’enclos en même temps, prendre des photos et nourrir les animaux avec du camembert ou de la crème chantilly. Pour la directrice Brigitte Klimond, le refuge a le droit d’autoriser le public à venir gratuitement 14 demi-journées par an.

Une plainte déposée en décembre 2019

« Les propriétaires affirment sauver des animaux provenants de cirques et de zoos peu scrupuleux, mais en réalité, Caresse de tigre élève des grands félins pour les exploiter commercialement », dénonce Kieran Harkin, chef de la lutte contre le commerce des animaux sauvages pour Four paws, une association internationale également à l’origine de l’affaire. Les deux associations ont porté plainte en décembre 2019. Le 24 novembre 2020, les autorités françaises ont saisi 14 félins sur place même si, pour l’heure, les animaux n’ont pas été placés dans un autre refuge et reste physiquement à La Mailleraye-sur-Seine. Leurs cages ont été placées sous scellés.

L’association à but non lucratif « Caresse de tigre » se présente comme un refuge pour fauves nés en captivité parfois délaissés voire maltraités par des particuliers ou en retraite après des années passées sous les chapiteaux. Les deux fondateurs sont d’ailleurs d’anciens artistes de cirque. Il y a 25 ans, ils ont créé le refuge pour accueillir leurs trois tigres à la retraite. Sur son site internet l’association insiste sur le fait de traiter ces animaux avec « amour et respect ».

Le refuge également accusé de violences

AVES va plus loin dans ses accusations. Au-delà d’enfreindre la législation sur les visites, l’association seinomarine accuse le refuge de jouer un double jeu en créant les conditions pour que les félins se reproduisent afin de fournir ensuite leur progéniture à des cirques et des zoos. « L’association se vante de sauver des animaux mais en fait elle favorise la reproduction pour fournir des entreprises de divertissement », assène Christophe Coret, fondateur d’AVES. Un comble pour un refuge qui organise régulièrement des collectes de dons afin de fournir des conditions d’accueils dignes aux félins de plus en plus nombreux à le rejoindre.

Enfin, l’association AVES accuse le refuge de faire preuve de violence physique à l’encontre des animaux. « Au cours de nos visites, nous avons constaté que les propriétaires du refuge donnaient des coups à certains tigres pour les réprimander. On peut se demander ce qui se passe dans le refuge lorsqu’il n’y a aucun visiteur », note Christophe Coret. En attendant un procès, AVES lance une pétition pour faire fermer le site de La Mailleraye-sur-Seine.

« Je tombe des nues, je ne comprends pas cet acharnement, les propos porté par AVES sont inexactes. Nous allons porter plainte contre cette association pour diffamation », argumente Brigitte Klimond, co-fondatrice du refuge. Pour la propriétaire, les animaux ne sont pas maltraités et l’argent gagné grâce aux visites et aux dons est utilisé à améliorer les conditions de vie des animaux. « Tout l’argent que l’on gagne je l’utilise pour agrandir les cages ou embellir les enclos, ce n’est pas gratuit tout cela. Je ne gagne pas d’argent sur le dos des animaux », assure-t-elle.

Le 29 septembre dernier, la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili annonçait que la présentation d’animaux sauvages dans les cirques itinérants allait être bientôt interdite.
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