Un Rouennais à la tête d'une association de défense des théâtres privés des régions, menacés par la crise du Covid-19

Loïc Bonnet, fondateur et patron du théâtre à L'Ouest de Rouen, est à la tête de l'association TPR créée pendant le confinement regroupant plus de 80 théâtres privés en régions
 
Loïc Bonnet directeur du théâtre à l'Ouest de Rouen et président de l'association TPR
Loïc Bonnet directeur du théâtre à l'Ouest de Rouen et président de l'association TPR © Richard Plumet / France Télévisions
Loïc Bonnet, fondateur et patron du théâtre à L'Ouest de Rouen, est à la tête de l'association TPR créée pendant le confinement et qui rassemble plus de 80 théâtres privés en régions. Il exprime l'inquiétude de tous ces chefs d'entreprises qui se sentent oubliés des pouvoirs publics et qui, surtout, craignent pour l'avenir de leurs salles fermées depuis le 15 mars

C'est lui qui a eu l'idée de monter une association pour réunir et fédérer ceux qui, ailleurs en France, sont dans son cas. Loïc Bonnet a créé à Rouen une salle de 200 places spécialisée dans l'humour. Son entreprise est à l'arrêt depuis le 15 mars. Tout s'est arrêté. Plus de spectacles, plus d'artistes, plus de public …et zéro centime depuis cette date ! Et il n'a surtout aucune visibilité quant à une éventuelle reprise de l'activité.  

"On est les oubliés de la crise"

Ne "rentrant pas dans les cases" pour les aides, ce chef d'entreprise a constaté que sa profession, à la différence des restaurateurs ou des exploitants de salles de cinéma, était méconnue, voire ignorée des pouvoirs publics. D'où l'idée de faire "front commun" avec les dizaines d'autres théâtres privés de France, hors Paris. 

Plus de 80 établissements culturels qui ne touchent pas de subventions, qui représentent 3 millions de spectateurs par an, totalisent 15.000 emplois (directs et indirects) et qui permettent à des dizaines d'artistes d'aller à la rencontre de leur public dans des salles à dimension humaine.

En créant l'association Théâtres Privés en Régions, Loïc Bonnet a aussi réussi à mobiliser 70 artistes pour une vidéo commune intitulée "J'aime mon théâtre" avec un message important et grave mais dit avec talent :

 18.000 euros de pertes par mois

Quand rouvriront les théâtres ? De quelle façon ? Avec un fauteuil sur deux ?  Le public sera-t-il là, en salle, en plein été si on rouvre fin juin ? Toutes ces questions, les patrons de théâtres privés se les posent. Comme ses collègues, Loïc Bonnet a écouté hier après-midi Edouard Philippe détailler les mesures de sortie du confinement.
Cela ne l'a pas rassuré. Il ne sait toujours pas comment et quand son théâtre va rouvrir. En attendant il y a des factures à payer, même s'il n'y a eu aucune rentrée d'argent pendant deux mois. Soit pour le théâtre à l'Ouest un perte de 18.000 euros par mois.

D'où un message important qu'il souhaite faire passer concernant les chefs d'entreprises :
"Avec cette crise du Coronavirus on parle beaucoup de la santé financière des entreprises, mais jamais de la santé psychologique des chefs d'entreprise. Non seulement il ne perçoivent aucun salaire, mais en plus ils voient leur outil de travail qui risque de disparaître…"
 

Se retrouver seul chez soi, face à une non-écoute, une non-entente des pouvoirs publics qui font des belles annonces à la télé mais où derrière il se passe rien parce qu'on n'est jamais dans la bonne case…
Donc j'ai plus de rentrée d'argent, ma société est fermée, je ne peux pas la rouvrir, je n'ai pas de date pour la rouvrir et puis ben voilà : je suis tout seul chez moi et puis je pleure, qu'est ce que vous voulez que je fasse
?  
- Loïc Bonnet, président de l'association TPR, le 29 avril 2020

Coronavirus : les théâtres privés menacés
VIDEO : entretien avec Loïc Bonnet via Skype le 29 avril 2020

 
Ce que demande l'association Théâtres Privés en Régions
L’association des Théâtres Privés en Régions (TPR) tire aujourd’hui la sonnette d’alarme afin d’attirer l’attention du gouvernement sur la situation catastrophique d’une centaine d’établissements privés sur tout le territoire ! Nos théâtres, qui ne reçoivent aucune subvention, sont aujourd’hui fermés sans perspective d’avenir et sans aide directe de l’Etat !

Pourtant, derrière ces lieux de culture, qui font entre 80 et 400 places, il y a des femmes et des hommes qui se battent aujourd’hui pour essayer de sauver leur outil de travail, leur seule source de revenu, mais aussi les emplois de leurs salariés.

Tous les artistes et les auteurs d’humour et/ou de théâtre, quelque-soit leur notoriété, sont un jour passés par un théâtre privé de province.
Et demain, ils auront encore besoin de ce réseau de petits lieux intimistes, pour se faire connaître, tester leur spectacle avant d’aller remplir des Zéniths, conserver un véritable contact avec leur public et leurs fans.

Aujourd’hui, c’est un appel à l’aide que nous lançons, avec 3 priorités :

- Une aide directe pour les gérants et leurs lieux
- Une annulation de la totalité des charges sur l’année 2020.
- Une aide de la part de l’ASTP et un remboursement immédiat de nos versements à cette association qui est censée nous soutenir et qui dans les faits ne nous donne rien !

Loïc Bonnet
Président de l’association TPR
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