Sortie du glyphosate rejetée : la réaction des agriculteurs normands

© F3Normandie/Hervé Colosio
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Les députés ont rejeté les amendements visant à interdire le glyphosate en 2021. Cet herbicide très controversé, produit par le géant Monsato continuera à être utilisé par les agriculteurs et les particuliers. C'est aussi l'opposition de deux conceptions de l'agriculture qui s'affronte.

Par MR/AFP

C'était  un des engagements présidentiel, la France devait sortir du glyphosate d'ici 2021. Finalement, ce choix ne sera pas gravé dans la loi, une décision qui a "déçu" le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot, mais le gouvernement assure que l'herbicide controversé sera malgré tout abandonné à cette date.

Après la décision de l'Union européenne en novembre de renouveler la licence de l'herbicide pour cinq ans, Emmanuel Macron avait promis que la substance, principe actif du Roundup de Monsanto, serait interdite en France "dès que des alternatives auront été trouvées, et au plus tard dans trois ans".

Mais dans le projet de loi du ministre de l'Agriculture Stéphane Travert, examiné en première lecture au Palais Bourbon, point d'article sur le glyphosate, jugé cancérogène probable par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), mais "probablement non cancérogène" par l'Agence européenne pour la sécurité des aliments (Efsa). Y figurent en revanche des mesures pour réduire les pesticides, auxquelles les députés ont donné leur feu vert. Ceux-ci ont aussi approuvé une extension du champ de l'interdiction des néonicotinoïdes, insecticides "tueurs d'abeilles".

Un plan d'action pour expertiser les alternatives au glyphosate


Depuis la Corse, Nicolas Hulot a annoncé le lancement d'un "plan d'action pour expertiser toutes les alternatives qui existent au glyphosate", qu'il compte "confronter avec les partenaires et notamment la FNSEA". "Et puis en fonction, si on va vers cet objectif, eh bien, très bien! Si on s'aperçoit qu'on est très loin de réaliser cet objectif, il sera toujours temps de revenir à la loi", a-t-il fait valoir.

Espérant que les députés n'alourdissent "pas trop la barque des agriculteurs", la présidente du puissant syndicat agricole FNSEA, Christiane Lambert, avait plus tôt rappelé à l'AFP que "la profession s'est engagée à réduire l'usage et l'impact des pesticides avec 40 organisations et 4 ministères, via un +contrat de solutions+".

De son côté, la Confédération paysanne avait réitéré sa demande "d'interdiction du glyphosate dans 3 ans".

Pour la Fondation pour la nature et l'homme, c'est "non-assistance à personnes en danger". "Nos députés ne sont pas à la hauteur de l'enjeu", a réagi la Fédération des parcs naturels régionaux.

Agrochimie et lobbies de la malbouffe ont encore de beaux jours devant eux !

s'est insurgée Karine Jacquemart, directrice de Foodwatch.


VIDEO : le reportage dans le pays de Bray à Conteville (76) où Raphaël Deh et Hervé Colosio ont rencontré deux agriculteurs, Aline Catoir soulagée par cette décision et Laurent Moinet inquiet de ce rétropédalage

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