[VIDEO] Festival international du film d'histoire de Pessac revient sur les "seventies"

Qui se souvient de ses années 70 ?  La catégorie proche du rang social de sénior peut retrouver dans sa mémoire les moments de son adolescence, de son statut de jeune adulte, d'étudiant... Les années 70 en matière d'histoire sont riches.

23 ème édition du festival à Pessac, le thème de cette année est l'objet d'une conférence pour un ancien premier ministre, Michel Rocard. L'homme politique reviendra à 18h30 sur ce que fût "La fin des trente glorieuses".


Un virage sociétal en France et dans le monde occidental.

Agité par la guerre du Vietnam, débridée après les événements de 1968, les années soixante-dix sont associées à l'exubérance mais que pour quelques années encore. Le choc ne vient pas de la reprise en main des pays de l'OPEP du marché du pétrole, mais à la fin de la croissance sur le continent européen et dans le monde occidental. L'année 1972 est l'année du terme de trente glorieuses. La croissance était jusqu'à cette date constante, la chute arrive avec l'inflexion de la consommation des produits phares, les foyers sont saturés par les produits, plus rien à l'horizon ne semble annoncer une relance de la consommation.
Le choc pétrolier est une mise en place d'une justice pétrolière. Les septs soeurs, surnom données aux entreprises internationales d'extraction de pétrole, qui s'étaient alliées pour se partager la manne pétrolière, perdent leur hégémonie. Les pays producteurs reprennent la richesse de leur sol, cette période n'est qu'une conséquence de la date clé de 1972. La planche à billet américaine se met à tourner plus que de raison, sa valeur n'est plus alignée sur l'équivalent or, les Etats-Unis doivent financer une guerre qu'ils abandonneront rapidement. La dévaluation du dollar entraine le monde occidental dans une crise qui sera accentuée par le choc pétrolier.

L'économie prime sur le politique, la mondialisation est synonime de profits.

Le Welfare State, l'Etat providence n'est plus. Les détenteurs de puissance économique vont instiller une politique unilatérale de reprise en main du marché. Le dollar innonde le monde, les monnaies européennes se grippent face à cette concurrence déloyale, le ralentissement économique est flagrant, le chômage apparait. Les managers vont mettre en place une politique de gestion de l'individu, non plus comme autrefois, où le salarié était une pièce maîtresse dans l'industrie familiale, l'individu devient un outil, maléable, transformable et jetable lorsque le marché ralentit. L'industrie à des ratés, à chaque soubressaut elle expulse les salariés. Le capital productif doit être conservé, nous sommes encore très loin de la gestion du capital par l'investissement à court et moyen terme. Les années soixante-dix voient la fin d'un certain confort, la lutte est le leit-motiv pour s'opposer au rouleau compresseur. Les années quatre vingt vont apporter un espoir en France, en Europe, sur une idée de changement de société. Bienvenue dans le monde d'Ubu ...

Une semaine pour se souvenir de son insouciance alors que le Monde basculait

La guerre au Proche-Orient fait basculer le monde du pétrole dans une rupture d'approvisionnement, en attendant la reprise en main de leur richesse par le pays producteurs. Les dictatures s'installent en Amérique latine, avec l'appui ostencible de la CIA, la politique Monroe ne veut pas se priver, au sud, du jardin productif des Etats-Unis d'Amérique. En France, la femme revendique, en 1975 la loi Veil est votée. Le cinéma virevolte entre le léger, l'érotique et le distrayant, on aime jouir de la vie avant que les réalités économiques ne viennent compromettre l'existence. Les années soixante-dix sont un laboratoire de société en devenir, d'un côté les uns tentent tout pour gagner des monopoles économiques, de l'autre les individus prennent conscience de l'Humanité, de l'Universalisme, de ce que l'on nomme maintenant l'effet papillon. Une semaine pour se souvenir que cette époque fût la fin d'une période exubérante, des prémices apparaissaient d'une nouvelle séquence beaucoup plus rude. L'économie n'était pas le sujet de l'actualité, les journalistes n'étaient pas abreuvés par la pensée économique unique, l'économie était traitée sous la forme de brèves, les résultats de la Bourse était déclamés sur un ton monocorde pour clore de façon ostentatoite la fin de journal télévisé, comme si la société transparaissait dans ce baromètre. 

La rédaction de France 3 Aquitaine proposera une émission spéciale La Voix est Libre le samedi 24 novembre à 11H30.