Agen a déjà tourné la page

Avec quatre points de retard sur Bordeaux-Bègles à cinq journées de la fin et un calendrier défavorable, il faudrait un miracle au S.U.A pour sauver sa place dans l'élite. Et les dirigeants préparent déjà la Pro D2.

A Agen, depuis la défaite de trop à domicile contre Bayonne (20-30) voici deux semaines, même les plus fidèles supporteurs ne croient plus au maintien. Mathématiquement, rien n'est encore définitif mais il faudrait un incroyable concours de circonstances pour qu'Agen dépasse Bordeaux-Bègles. Avec quatre longueurs de retard et deux déplacements consécutifs à Castres et Clermont alors que l'UBB recevra Mont-de-Marsan et Bayonne, l'affaire pourrait être vite réglée. Sur le site officiel du club (www.agen-rugby.com), le président Alain Tingaud préfère positiver : " il faut de la fierté et garder la tête haute. Tout est encore possible mathématiquement mais nous préparons déjà l'avenir". Pour la deuxième fois en six ans, l'un des plus grands clubs de l'hexagone va connaître les affres de la relégation. Sportivement, économiquement et en terme d'images, c'est une très mauvaise affaire. 


Les joueurs reçus

Les dirigeants anticipent déjà la suite des événements. Cette semaine, ils ont reçu les joueurs. Si la majorité possède des clauses libératoires en cas de descente, ils voulaient sonder leur état d'esprit et leurs intentions. Car en Pro D2, le SUA ne voudra pas faire de la figuration. Même avec un budget en baisse, le club veut reconstruire avec des jeunes autour d'éléments plus expérimentés. Avec un objectif, retrouver le Top 14 le plus vite possible.


Une institution en danger?

Au-delà des déboires sportifs, la situation est également agitée en coulisses. L'un des annonceurs du club, Philippe Ginestet, le patron du groupe du même nom propriétaire de Gifi, a annoncé qu'il ne renouvellera pas son partenariat de 100 000 euros par saisons qui arrive à son échéance. Moins attractif sur le plan sportif, avec des droits télévisés en baisse, Agen sera moins attractif. Alors Alain Tingaud lance un appel au peuple bleu et blanc:"ne lâchez pas votre club. Cette institution pourrait disparaître du rugby français. Nous menons une réflexion en profondeur pour voir ce qu'il faut faire pour reconstruire. Il faut relever la tête". Les discours sont une chose, la réalité une autre. Dans quelques semaines, Agen dira au revoir au top 14. Pour combien de temps?