Cet article date de plus de 7 ans

Girondins de Bordeaux : un repas pour le joueur qui battra Enyeama

L'entraîneur Francis Gillot a annoncé qu'il été prêt à offrir un repas au joueur qui empêcherait le gardien lillois Vincent Enyeama de dépasser le record détenu par le bordelais Gaëtan Huard, en 1993, avec 1.176 minutes sans prendre de but.
© PHILIPPE HUGUEN/AFP
Dimanche à 14 H, les bordelais reçoivent Lille pour la 17ème journée de Ligue 1, avec Vincent Enyeama, le gardien le plus efficace d’Europe (avec un record personnel de 1.035 minutes sans encaisser de but cette année).

L'ancien gardien de but de Bordeaux Gaëtan Huard, resté lui  1.176 minutes sans prendre de but en 1993, porte à 51 ans un regard passionné sur la performance de Vincent Enyeama, à un match et demi de lui ravir ce record.


Performance

© MAXPPP
Huard: "C'est un parcours exceptionnel quand tu n'encaisses pas de but sur de si longues périodes. Il faut marcher sur l'eau, vous avez la baraka, vous sentez qu'il ne peut rien vous arriver. Ce n'est qu'aujourd'hui qu'on se rend compte de l'ampleur du record de 1993, de l'étendue de la performance. Là, avec la médiatisation, on parle à chaque match du nombre de minutes, j'ai l'impression que ça ne s'arrête jamais et il n'est pas encore arrivé à mon record. Quand on est dedans, on ne s'en rend pas compte, d'ailleurs lui le dit. C'est davantage au niveau de la stimulation du groupe que cela joue. Je suis fier quand on met les gardiens en avant, c'est un poste tellement difficile, on est tellement accablé, on n'a peu le droit à l'erreur, notre sanction, ce sont les filets et le tableau d'affichage".


Le record de 1993

"Le mien avait débuté au Parc des Princes après une défaite 5-0 (janvier) et pris fin contre Montpellier (avril) sur un coup-franc d'Asanovic que j'avais bien anticipé mais qui avait été dévié par Eric Guérit, un but contre son camp, un but de merde. Je me souviens de la déception que l'on avait eu, on était rentré aux vestiaires et bien qu'on ait gagné 2-1, on était tous abattus. Notre entraîneur Rolland Courbis avait dit +oh les gars, on a gagné+. A l'époque, le potentiel offensif des équipes était plus fort qu'aujourd'hui. A contrario, aujourd'hui ça va plus vite, les ballons on ne les garde plus, on les prolonge, on les claque, on les boxe, plein de choses ont évolué".


Plus collectif que personnel

"Le record de Landreau (603 matches disputés en L1) est un vrai record personnel. Là, ce record d'invincibilité est un record qui appartient aux Girondins de Bordeaux. Si Enyeama le bat, il appartiendra au LOSC. Je tiens à le garder parce qu'il appartient au club avant d'appartenir à Gaëtan Huard, je ne suis que la voûte finale. C'est un collectif qui a obtenu ce record. On le voit pour Lille, Florent Balmont a sauvé un ballon sur sa ligne et cette situation-là m'est arrivée aussi".


Enyeama digne successeur ?

"Ce n'est pas médisant de dire que je ne le connaissais pas. Pour sortir de l'ombre, il faut faire quelque chose, dommage qu'il le fasse à 32 ans. Vu les qualités qu'il démontre, il aurait mérité une toute autre carrière, c'est le regret que l'on peut avoir pour lui et que lui peut avoir certainement. Il est sur un nuage comme je l'étais à l'époque, on a l'impression qu'il joue dans un but de hand. Il est explosif, on a le même style, je sortais aussi très vite, c'était mon hobby le duel en un contre un avec les attaquants, j'étais fou de ça, je sortais à 200 à l'heure sauf que très souvent, je plongeais les mains en avant jusqu'à aller au casse-pipe, ça m'a coûté une jambe. C'est un style de gardien qu'on ne voit plus".


Pincement au coeur ?

"J'espère que la série d'Enyeama va s'arrêter avant car ce n'est que du bonheur pour mes enfants d'acheter le livre des records tous les ans et qu'il y a papa dedans. Sa série va s'arrêter sur un truc pas clair non plus, c'est toujours comme ça. Dimanche, je vais le rencontrer pour la première fois (ndlr: Gaëtan Huard sera homme de terrain pour la télévision lors du match Bordeaux-Lille), je vais lui faire l'échauffement, mais avec un médecine-ball, pas un ballon de foot (rires). Tout le monde me chambre là-dessus, mais j'ai trouvé ça tellement beau le passage de relais entre Jean-Luc Ettori et Mickaël Landreau".


Poursuivre votre lecture sur ces sujets
football ligue 1 sport girondins de bordeaux