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Affaire Massonnaud : retour sur la deuxième journée du procès

Au total, une trentaine de personnes doit témoigner dans ce procès. / © France 3 Poitou-Charentes
Au total, une trentaine de personnes doit témoigner dans ce procès. / © France 3 Poitou-Charentes

Jocelyn Chauveau, fonctionnaire de police, comparait depuis lundi devant la cour d'Assises de la Gironde. En ce deuxième jour d'audience, les témoins et experts se sont succédés à la barre. 

Par Mary Sohier

Un cauchemar, voilà comment François Massonaud, le père de la victime, décrit cette deuxième journée d'audience. Les témoins et les experts qui ont témoigné ce mardi 12 février corroborent la version de l'accusé. 
 

Un voisin très précis

Après les auditions flous de témoins lundi, ce mardi matin le voisin qui avait appelé la police dans la nuit du 13 au 14 août 2007 était à la barre. Et douze ans après les faits, l'homme a fait preuve d'une excellente mémoire :

J'ai vu du mobilier passer par la fenêtre. J'ai aussi entendu des cris. C'était spectaculaire et anxiogène. Assez rapidement, j'ai appelé la police.

Surtout, ce voisin n'a pas oublié les menaces, les insultes d'Olivier Massonnaud vis-à-vis des forces de l'ordre mais aussi les réponses provocatrices, les invectives des policiers.
 

Les experts donnent leurs conclusions

C'est d'abord le médecin légiste qui s'est avancé à la barre en début d'après-midi. Elle a indiqué qu'Olivier Massonnaud présentait "un traumatisme balistique abdominale", avant d'ajouter que "les chances de survie étaient quasiment nulles".

Y-a-il eu tir à bout portant ?

C'est la question qui a animé le débat cet après-midi. Deux versions s'affrontent :
  • Thierry Subercazes, expert en balistique. Après une explication détaillée d'une heure, il a apporté ses conclusions : "Il n'y a pas de traces de résidus de poudre sur les vêtements de la victime. Je suis formel. Quant à la distance de tir, elle ne peut être inférieure à 30 centimètres au regard des éléments. Je fais une estimation de l'ordre de 2 mètres 60."
 
  • François Massonnaud, père de la victime. Mais pour les parties civiles la réponse n'est pas si évidente. François Massonnaud, a fait faire une expertise privée où il est indiqué que le tir a eu lieu à "30 centimètres". Un rapport remis en cause par l'avocat général : "Ce n'est pas un expert judiciaire. Ce document tente à contredire l'expert." Justement, Thierry Subercazes a démonté en tout point cette analyse privée : "La personne qui a rédigé ce rapport n'a pas eu en main les vêtements mais une photo en noir et blanc. C'est une affirmation préremptoire."


"Une lâcheté indigne d’un corps de police" (François Massonnaud)


En marge des audiences, François Massonnaud s'est confié en exclusivité pour France 3 Poitou-Charentes. En cette seconde journée de procès, "je me sens très mal, affirme le père de la victime. Depuis bientôt 12 ans, tous les mensonges sont validés, entérinés par les difféentes juridictions qui ont eu à intervenir."
 

Incontestablement, pour moi, M. Chaveau a eu l’intention de tuer, estime François Massonnaud, partie civile au procès. Cette inculpation d’homicide volontaire a été validée par la chambre d’instruction de la cour d’appel de Poitiers, dans son arrêt du 4 février 2014 (…) Mon fils n’était pas en train d’attaquer M. Ferrari.


Le père d'Olivier Massonnaud conclut : "ce tir dans ces conditions et cette défense collective et connivente des policiers, pour moi, c’est une lâcheté indigne d’un corps de police digne de ce nom."
 

La journée de mercredi sera entièrement consacrée à l'audition de policiers avec, dès 9 heures, un témoignagne important, celui du policier sur lequel Olivier Massonnaud se serait jeté juste avant le tir mortel.

Rappel des faits

Dans la nuit du 13 au 14 août 2007, Olivier Massonaud devient menaçant, frappe sa petite amie chez qui il se trouve dans un immeuble du centre-ville de Poitiers. Un voisin alerte la police alors qu'Olivier Massonaud quitte son appartement pour aller s'enfermer chez une voisine. Il est très agité, manipule un couteau, menace et insulte les policiers, puis s'enfuit par les toits, pénètre dans un autre appartement, redescend dans une cour. Il se lève en direction d’un policier qui l’éclaire. Craignant pour la vie de son collègue, le brigadier-chef Jocelyn Chauveau tire. Olivier Massonnaud décède à 4 h 30. 

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