CARTE - Les 21 sites Seveso à haut risque du Poitou-Charentes

Vue aérienne des cuves du port de La Pallice et des quartiers attenants à La Rochelle / © Google Images (2019)
Vue aérienne des cuves du port de La Pallice et des quartiers attenants à La Rochelle / © Google Images (2019)

Suite à l’important incendie survenu à Rouen dans l'usine Lubrizol, site industriel dangereux, voici les installations classées à risque en Poitou-Charentes. 

Par Marie-Ange Cristofari

Dans notre région, selon les derniers chiffres du Ministère de l’Environnement, 59 sites industriels ou agricoles sont actuellement répertoriés comme « à risque ».

Ils sont connus sous l’appellation SEVESO, et répartis dans deux catégories, seuil haut pour un risque majeur et seuil bas pour un risque important. Sur la carte interactive ci-dessous, nous faisons également apparaître les centrales nucléaires. En cliquant sur le symbole de votre choix, une fiche informative apparaît (sous la rubrique ICPE) avec des renseignements sur l'entreprise mais aussi les conduites à tenir. 

Toutes ces entreprises sont soumises à une réglementation stricte et, en raison de la dangerosité de leurs activités, régulièrement contrôlées par l’Etat. Elles doivent mettre en place des procédures de sécurité renforcées en interne
Des plans d’action sont également élaborés avec les services de secours et les services de l'Etat pour pouvoir agir plus rapidement, efficacement en cas d’incident, et ainsi mieux protéger les populations.
 
Classification des installations selon la nature du risque / © Données Ministère de l'Environnement, document de l'Agence Régionale de la Biodiversité de Nouvelle Aquitaine
Classification des installations selon la nature du risque / © Données Ministère de l'Environnement, document de l'Agence Régionale de la Biodiversité de Nouvelle Aquitaine

Quelles industries ?

Pour ce qui nous concerne, les stockages d’hydrocarbures se concentrent autour du port de La Rochelle et près de Poitiers.
Dans le seuil bas, figurent de nombreux sites autour de Cognac, liés à la fabrication d’alcool, et, un peu partout sur le territoire, des installations agricoles (types silos à grains).

Tout incident sur un site Seveso de seuil haut entraîne automatiquement l’information de la population. En Poitou-Charentes, 21 entreprises sont concernées par cette procédure, en voici le détail par département.
 

Dans la Vienne

Huit sites sont classés Seveso. Deux dans le seuil haut et six dans le seuil bas.
  • Cissé : l’entreprise Jouffray-Drillaud est répertoriée en raison de son stockage de produits phytosanitaires.
  • Chasseneuil-du-Poitou : Picoty SA exploite un stockage d’hydrocarbures.
Les autres sites (seuil bas) sont principalement des stockages de céréales.
En dehors de ce classement Seveso, n'oublions pas la centrale nucléaire de Civaux. De même, la limite nord du département est à moins de vingt kilomètres de la centrale de Chinon.
 

Dans les Deux-Sèvres

Dix sites sont classés Seveso. Cinq dans le seuil haut et cinq dans le seuil bas.
  • Melle : se trouve une usine chimique de Rhodia (Groupe Solvay)
  • Niort : Antargaz Finagaz est classée en raison de ses gaz inflammables liquéfiés et diverses substances dangereuses.
  • Saint-Symphorien : De Sangosse est une plate-forme logistique. Y sont stockés des produits phytosanitaires pour l’agriculture (engrais, pesticides, herbicides).
  • Thenezay : Maxam Atlantique stocke, transporte et met en œuvre des explosifs civils. Il y a aussi sur place une production de nitrate fioul.
  • Amailloux : Titanobel fabrique, distribue et met en œuvre des explosifs, cette fois-ci à usage industriel.
Parmi les entreprises de seuil bas, plusieurs usines chimiques.
 

En Charente

Vingt-six sites Seveso. Six dans le seuil haut, vingt dans le seuil bas.
  • Cognac : Hennessy (Bagnolet) est répertorié en raison des risques d’explosion et d’incendie de ses cuves d’alcool.
  • Rouillac : même chose pour Martell.
  • Merpins : mêmes risques pour 2 entreprises Rémy Martin et la société Oreco
  • Mansles : l’entreprise Pintaud fabrique des produits d’entretien (type javel, détergents)
  • Gimeux : Antargaz Finagaz.
De nombreuses autres entreprises liées à l’industrie du Cognac font gonfler le chiffre des sociétés répertoriées dans la catégorie Seveso, seuil bas.
 

En Charente-maritime

Quinze sites sont classés Seveso. Huit dans le seuil haut et sept dans le seuil bas.

Rien qu’à La Rochelle, cinq entreprises différentes… Toutes établies sur le port de La Pallice, certaines à quelques mètres des quartiers ouest de la ville (Port Neuf, Vaugouin et La Pallice), comme le montre la photo qui illustre cet article.
  • Rhodia Operations (groupe Solvay) s’étend par exemple sur une superficie de 40 hectares. Sur ce site de recherche mais aussi de production, sont utilisées ou transitent diverses substances inflammables, dangereuses, radioactives et toxiques.
  • La Société du Dépôt de La Pallice (SDLP), avec deux sites différents, reçoit par bateaux, stocke puis distribue divers produits pétroliers.
  • De même, l’entreprise SISP, Dépôt Deflandre Ouest reçoit, stocke puis distribue des liquides inflammables et/ou toxiques.
  • Il y a aussi Boréalis L.A.T avec des engrais ;
  • Picoty et ses dépôts de carburants ;
  • Aux portes de la Vendée, à Marans, est installée l’usine chimique Simafex. Elle fabrique des produits pharmaceutiques.
  • Plus au sud du département, au Douhet, entre Saintes et Saint-Jean d’Angely, se situe un centre emplisseur de Butagaz.
Parmi les sites Seveso seuil bas, figurent encore deux usines pétrochimiques basées dans l’enceinte du Port de La Pallice. Et trois entreprises fabriquant du cognac.

Des incendies sur des sites Seveso se sont déjà produits par le passé en Poitou-Charentes. Le dernier s'est produit au cours de l'été 2017, à Niort, dans l'usine chimique Kraton Arizona Chemical. Toujours dans les Deux-Sèvres, à Parthenay, le fabriquant d'engrais Aubrun-Tartarin (aujourd'hui Almatis) en avait subi un fin mai 2005. 

Seveso c’est quoi ?

La directive européenne qui réglemente cette question du risque industriel est nommée ainsi d'après la catastrophe de Seveso qui eut lieu en Italie du Nord.
Le 10 juillet 1976, des fumées toxiques s’échappent du réacteur d'une usine chimique, et contamine les environs. Les conséquences sanitaires sont rapides : hospitalisations pour les enfants des communes voisines, dont celle de Seveso, et mort de plusieurs dizaines de milliers d'animaux d'élevage.
Les responsables des sociétés incriminées seront jugés 7 ans plus tard.
Cet évènement a incité les États européens à élaborer une politique de prévention des risques industriels majeurs. La directive Seveso entre en vigueur en juin 1982.

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