Echillais : des militants écologistes dénoncent la production de compost non conforme destiné aux terres agricoles

Des militants environnementaux ont découvert du compost non conforme, potentiellement polluant, prêt à être épandu dans des champs. Depuis, tout a été retiré, mais des questions demeurent.

Le compost non-conforme a été retiré et stocké sur le site de l'incinérateur d'Echillais, dans l'attente d'être enfoui.
Le compost non-conforme a été retiré et stocké sur le site de l'incinérateur d'Echillais, dans l'attente d'être enfoui. © Sébastien Poirier / France Télévisions

"Voilà le compost de TMB (tri mécano biologique, NDLR) que veulent nous refourguer nos élus, ça me fout en colère", s'exclame Thierry Kiefer, dans une vidéo mise en ligne le 21 février sur son compte Facebook. A l'image, on le voit retirer un morceau de plastique d'un tas de compost destiné à l'agriculture et découvert dans un champ au lieu dit Saint-Martin, près de Rochefort, en Charente-Maritime, . 

"Sept tas ont encore été déposés", décrit-il. "Illégalement", précise-t-il, "puisque c'est encore d'un déchet". (voir vidéo ci-dessous)

Depuis les révélations de ce militant écologiste rochefortais, les tas ont tous été enlevés. 

Au total, Thierry Kiefer a déniché trois sites, dont un sur la commune d'Echillais, où se trouve l'incinérateur où a été produit le compost incriminé. 

Pour l'association Zero Waste France, le compost découvert est "évidemment impropre à toute utilisation en agriculture". Elle y voit également "un exemple révélateur de la non-pertinence du TMB comme mode de tri des biodéchets".

La méthode de production de tri mécano biologique (TMB) est aujourd'hui remise en cause par des associations écologistes qui la jugent contre performante puisqu'elle ne permet pas de suffisamment trier les polluants des déchets organiques.

Les déchets ont depuis été entreposés sur le site de l'incinérateur, dans l'attente d'être enfouis. 

Didier Simmonet, président du syndical intercommunal du littoral (SIL) en charge de l'usine, se défend. Pour lui, la responsabilité incombe à Soval, son exploitant.

"L'exploitant doit faire un auto-contrôle, doit faire des analyses, et pour des raisons que nous ne connaissons pas, il a laissé sortir ce tas. Nous avons demandé toutes les informations nécessaires à Soval", nous a-t-il précisé.

L'association de Thierry Kiefer a porté plainte pour dépôt illégal de déchets sur la coie publique.

Le reportage de Liane Courté et Sébastien Poirier :

 

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