Il nettoie une pierre tombale dans un cimetière : sa vidéo bat des records sur les réseaux sociaux

Clément Belouin, 32 ans, a quitté le monde de l'immobilier pour entretenir des tombes dans le grand ouest. Pourtant peu adepte des réseaux, l'une de ses vidéos amateur où on peut le voir nettoyer une sépulture, a fait le buzz sur internet.

C'était une vidéo comme les autres. On peut y voir Clément Belouin, 32 ans, exercer son nouveau métier et nettoyer une tombe en pierre, au karcher. Et pourtant, elle a été vue plus de 700 000 fois. "C'est assez étrange pour moi, parce que je ne suis absolument pas un adepte des réseaux sociaux, j’ai juste Facebook et Instagram sur mon ordinateur, mais ça me fait plaisir".  

Cette vidéo, Clément l'a postée comme les autres "pour montrer comment ça se passe dans les cimetières, en quoi consiste mon métier", explique-t-il avant de s'exclamer : "C'est ma compagne qui m'a conseillé de faire ça"!

Ce métier, c'est celui de gazonnier et de redoreur. Un métier apparu, selon lui, durant la seconde guerre mondiale, lorsque les femmes restées à l'arrière ont commencé à prendre soin des cimetières. Son rôle consiste à "remettre en état des monuments aux morts, nettoyer des tombes, des stèles, des plaques, refleurir", mais aussi, "redorer les gravures".  

C'est un métier qui rend un service utile aux proches et aux communes.

Clément Belouin

Gazonnier et redoreur

Avant de découvrir ce métier, Clément Belouin a travaillé comme agent immobilier pendant cinq ans. Un métier qui ne lui correspondait pas. "Je cherchais un métier où on mettait l’humain avant l’argent, ce qui n’est pas le cas dans l’immobilier". Aujourd'hui, il affirme "gagner beaucoup moins", mais se sentir "beaucoup mieux" dans sa vie. 

Une reconversion surprenante, de la vente de maisons à l'entretien de tombes

C'est en Amérique latine que ce mordu de voyage est tombé sous le charme des cimetières. Là-bas, "le rapport à la mort est différent", déclare-t-il, et ces lieux ne sont "pas seulement des lieux de recueillement, mais aussi des lieux de passage, des lieux de vie".

Il apprend même que le cimetière de Sucre, en Bolivie, est classé au patrimoine de l'Unesco depuis 2004. Clément est surpris. "Je ne connaissais pas du tout, il y a des jeunes qui se retrouvent au cimetière pour jouer aux cartes, prendre un verre, j'ai trouvé ça très beau".

De retour en France, il retourne s'installer dans sa ville d'origine, Saint-Jean-d'Angély. Là-bas, il n'y a plus personne pour s'occuper de la tombe de son grand-père. Nourri de son expérience à l'étranger, il ne compte pas la laisser dépérir. "J'ai contacté les pompes funéraires pour payer un service d'entretien, mais ils ont refusé, parce que ce n'était pas rentable pour eux, alors j'ai commencé à le faire moi-même", raconte-t-il. C'est à ce moment-là, qu'il se rend compte que d'autres tombes sont en "très mauvais état". Il décide de se former rapidement aux différents types de pierre pour ouvrir son autoentreprise, Maritime Sépulture, en juillet 2022. 

"Les gens déménagent plus souvent et facilement qu'avant, donc ils ne sont pas forcément à proximité des monuments de leurs proches et n'ont pas le temps de s'en occuper." constate Clément Belouin.

Donc mon objectif, c’est que les familles puissent aller se recceuillir sereinement, paisiblement, sans avoir la charge de l'entretien.

Clément Belouin

Fondateur de Maritime Sépulture

La première année, il n'a pas pu se sortir de salaire mais depuis les affaires marchent très bien. L'autoentrepreneur est déjà complet jusqu'à la fin de l'été 2024. "Et j'ai de plus en plus de demande", ajoute-t-il. Clément se déplace dans tout le grand ouest, du nord de Bordeaux jusqu'en Vendée mais en majorité en Charente-maritime et pour des particuliers. "Dans les relations humaines, ce métier m'apporte 15 000 fois plus, assure-t-il, Je ne regrette absolument pas mon choix et je ne pourrai pas retourner dans un bureau car dans les cimetières, je me sens utile".

Pour intervenir, il doit faire une demande de travaux auprès de la mairie concernée. "D'ailleurs, débute-t-il, beaucoup de personnes ne savent pas mais depuis 2022, si les mairies estiment que les tombes ne sont pas entretenues, après 30 ans, elles envoient un courrier aux proches et ils ont seulement un an pour se mettre en conformité. Sinon, il y a une reprise de concession".

Au quotidien, "aucune semaine ne se ressemble", le gazonnier est tributaire de la météo, notamment pour la peinture et les missions peuvent s'avérer assez surprenantes. En ce moment, il travaille, par exemple, sur un tombeau de 2 mètres 50 de haut sur l'Île d'Oléron. "Sauf qu'en arrivant sur le chantier, je me suis rendu compte que des stalactites de sel s'étaient produites et bien installées sur la pierre. Je ne savais même pas que c'était possible et j'avoue que j'ai du mal à en venir à bout", relate l'autoentrepreneur.

À terme, Clément aimerait faire évoluer son statut et peut-être avoir l'opportunité d'employer pour répondre aux demandes qu'il ne peut pas satisfaire. À la suite du buzz sur les réseaux sociaux, Clément a vu sa boîte messagerie inondée de messages bienveillants et de sollicitations. "J'ai même eu des demandes d'intervention au Canada, en Egypte, ou encore en Ouzbékistan", s'amuse-t-il. Son nombre d'abonnés a doublé mais, pour lui, pas question de devenir accro, "je ne suis pas influenceur, je vais juste apprendre à faire de meilleurs réels", plaisante-t-il.