Pourquoi la Charente-Maritime enregistre t-elle le record de reproduction des cigognes avec plus de 900 naissances ?

La cigogne n'est pas une exclusivité alsacienne, de nombreux nids sont installés en Charente-Maritime. Ils sont de plus en plus nombreux dans ce département qui enregistre le plus fort taux de reproduction des cigognes en France.

Un nid de cigogne installé à Breuil-Magné en Charente-Maritime.
Un nid de cigogne installé à Breuil-Magné en Charente-Maritime. © Francis Giraudon, LPO

Plus d'une quinzaine de cigognes se sont installées dans des arbres de la commune de Saint-Agnant en Charente maritime.
Ces oiseaux migratoires sont de plus en plus nombreux dans le département.

Climat favorable, nourriture en abondance et abondance de marais, la Charente-Maritime est devenue un lieu idéal pour la reproduction.

C'est une espèce qui a besoin de grandes zones pour s'alimenter, là, il y a des marais d'eau douce comme le marais de Brouage qui compte 11.000 hectares de marais avec de nombreuses proies. La cigogne se nourrit de campagnols, de criquets, de sauterelles et depuis quelques années d'écrevisses américaines qui est une espèce invasive, introduite par l'homme. Si on n'avait pas les écrevisses, on n'aurait pas une augmentation aussi forte et surtout un tel succès de reproduction puisqu'on est le département le plus productif de France.

Nicolas Gendre, LPO Rochefort.

Plus de 600 nids de cigognes ont été répertoriés en Charente-Maritime en 2020.
Plus de 600 nids de cigognes ont été répertoriés en Charente-Maritime en 2020. © Sophie Wahl

Les premiers œufs vont éclore début mars, au terme de 30 à 35 jours de couvaison, les bébés cigognes pointeront le bout de leurs becs. 

"La cigogne est une espèce protégée et la LPO réalise le suivi annuel des populations dans le département depuis les années 60. A l'époque, il y avait entre un et trois couples. Elle a disparu pendant dix ans mais elle est revenue naturellement nicher en 1978", assure le représentant de la Ligue de protection des oiseaux. 

630 nids et 942 jeunes 

Pour documenter ces heureux événements, la LPO missionne une trentaine de bénévoles adhérents de l'association, ils ont en charge des secteurs et suivent chaque nid pendant la durée du printemps jusqu'à l'envol des jeunes. 

C'est un travail de titan, en Charente-Maritime, il y avaient 630 nids suivis et 942 jeunes à l'envol, ça augmente. 

Nicolas Gendre

Pour la première fois, en ce début d'année, deux nids ont été installés sur les piliers du pont suspendu de Tonnay-Charente.

"Là on a un couple de cigognes qui a construit deux nids, il y a une semaine. Le but, c'est de travailler sur la préservation du couple et du nid", se réjouit Nicolas Gendre.

© Francis Giraudon, LPO

 

Reportage de Sophie Whal, Sébastien Poirier et Josiane Étienne

 

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