Le Shtandart qui bat pavillon russe de retour à La Rochelle après plusieurs semaines d'errance en Méditerranée

Publié le Mis à jour le

Interdit dans de nombreux pays à la suite de la guerre en Ukraine, le Shtandart est de retour à La Rochelle. Le navire qui bat pavillon russe a obtenu les autorisations pour accoster en France.

Le Shtandard est de retour dans le vieux port de La Rochelle. Malgré son pavillon russe, ce navire est à nouveau bienvenu en France.

Il est 10h30 ce mercredi 8 mai, lorsque qu'un vibrant coup de canon retentit dans le vieux port, la réplique de la frégate de Pierre Legrand fait une entrée remarquée devant les Tours de La Rochelle.

Il aura fallu des semaines de négociations pour obtenir les autorisations car depuis mi-avril, une directive européenne interdisait aux navires battant pavillon russe de naviguer dans les eaux des pays membres de l’Union européenne.

A La Rochelle, le président des Amis des Grands Voiliers a dû intervenir auprès des autorités pour échapper aux sanctions européennes. « Ce n’est pas un bateau qui appartient aux oligarques russes, ce n’est pas non plus un bateau de transport ni un bateau de plaisance, il s’agit d’une réplique d’un voilier historique qui était celui de la frégate de Pierre Legrand. C’est la même classe que l’Hermione et c’est sur ces arguments que nous avons joué pour obtenir les autorisations », détaille Michel Balique, président des Amis des Grands Voiliers.    

Vladimir Nautus savoure ce retour à La Rochelle, l'une de ses escales préférées "pour la chaleur de son accueil". Le capitaine du Shtandart, opposant au régime de Poutine a quitté la Russie en 2009 pour sillonner les mers du monde entier. Soulagé et heureux, le commandant est d'autant plus soulagé de pouvoir jeter l'ancre dans un port français, qu'il a affiché sa distance avec le Kremlin bien avant le conflit. 

Il faut bien comprendre que mes parents sont russe et ukrainien, la guerre en Ukraine est terrible pour moi, on ne peut changer ce qui est en cours mais on peut faire quelque chose de bien ici à bord de ce bateau en développant les relations d’amitié entre les nations,

Vladimir Nautus capitaine du Shtandart.
Ce jeudi était donc un grand jour pour le capitaine après des mois d'errance en Méditerranée. En avril dernier, le navire russe ne participe pas comme prévu à l'événement nautique Escale à Sète car la préfecture de l’Hérault a décidé d’interdire son accostage pour risque de trouble à l’ordre public.

A bord de ce trois mâts, l'équipage est international, le navire en provenance de Bilbao a embarqué une dizaine de bénévoles. Russes, Ukrainiens mais aussi Estonien, Lituanien et Français.

Thibault, originaire de Niort 

Thibault est originaire de Niort, cela fait plusieurs mois qu'il a embarqué pour l'aventure. Il témoigne des excellentes relations entre les membres de l'équipage à bord du navire. 

Ulyana, 30 ans a embarqué peu de temps après avoir fui l'Ukraine après le début de la guerre. Cette jeune Ukrainienne fait désormais partie de l'équipage. 

"La plupart de l'équipage a des amis en Ukraine, il y a aussi des équipiers ukrainiens qui ont des amis russes", relate Thibault Gil, "quand la guerre a commencé des officiers ukrainiens ont du repartir pour aider leur pays".

Le Shtandart va rester à quai jusqu'à dimanche, l'occasion pour le public de monter à bord pour découvrir cette réplique de la frégate de Pierre Legrand.     

Pour connaître le détail des navigations, vous pouvez consulter le site du Shtandart.

Reportage de Valérie Prétot et Chloé Duval