Rugby Top 14 : la caravelle rochelaise à l'assaut de la rade de Toulon

Dans le cadre de la 16ème journée de Top 14, le Stade Rochelais rend visite à son ancien entraîneur Patrice Collazo. L'occasion pour le troisième ligne Kevin Gourdon de jouer son 200ème match sous les couleurs jaune et noir. 

Les supporters d'Ovalie connaissent bien le célèbre Pilou-Pilou toulonnais avec ces "terribles guerriers" qui descendent "de la montagne vers la mer" avec leurs "femmes échevelées allaitant leurs enfants à l’ombre des grands cocotiers blancs". Pilou ! Pilou ! Certes, comme partout ailleurs dans cet étrange contrée au ballon pas rond, la pandémie a vidé le chaudron de Mayol et c'est un Pilou-Pilou pré-enregistré, un cri de guerre numérisé qui accueille en ce moment l'adversaire qui s'aventure du côté de la rade.

Mais il est un autre hymne officieux du RCT moins connu du grand public, "la chanson de Toulon" et son joyeux refrain "S’il faut Seigneur/Pour que la France vive/Crever de faim ! Eh bien nous crèverons/Faites crever les enfants de Bretagne/Mais par pitié, ravitaillez Toulon". Bref, les marins étrangers au royaume ne sont jamais les bienvenus. Surtout que, depuis quelques années, Patrice Collazo, le Pacha des Rouge et Noir connaît très bien l'équipage rochelais. Il a tiré quelques bords, en Pro D2 comme en Top 14, à Portneuf et le pilier Dany Priso ne connait que trop bien le soin que prend ce chef de guerre à former ses hommes à la mêlée. 

Je pense qu’on va avoir droit à des petites « spéciales » ce week-end donc on s’est préparé pour et on va partir pour faire le travail. Le Racing comme Toulon, ce sont des équipes où il y a du physique, du jeu de vitesse, donc il faut être prêt direct parce que tu n’as pas le droit à l’erreur. Une faute, tu la paies cash.

Dany Priso, pilier gauche du Stade Rochelais

Et s'il est un soutier rochelais qui a longuement pratiqué l'amiral Collazo, c'est bien Kevin Gourdon. Le troisième ligne fait partie des grognards du club à la caravelle, un qui a fait toutes les campagnes depuis presque dix ans maintenant. Le hussard jaune et noir va jouer ce samedi son 200ème match sous les couleurs du Stade Rochelais. 

J’en ai fait une grosse partie avec Patrice donc c’est assez symbolique d’aller faire le 200ème là-bas. Ça reste un chiffre mais plus il grossit et plus on se rend compte du chemin parcouru et plus on est fier. Ce n’était pas prévu au début. Je ne m’étais pas dit que je jouerais autant et que je ferais toute une carrière dans un seul club, mais je suis très content. C’est sympa de voir l’évolution du club, de voir d’où on est parti et où on est maintenant. Je trouve que c’est joli.

Kevin Gourdon, troisième ligne du Stade Rochelais

Mais l'élégance n'excuse pas le réalisme et Gourdon garde toujours son 199ème match en travers de la gorge. Menés 23 à 5 en début de deuxième période, les Maritimes ont  échoué de peu (26-22) dimanche dernier à l'Arena Stadium. "On avait toutes les cartes en main pour ramener la victoire, mais on a grillé deux ou trois jokers pendant le match qui ne nous ont pas permis de le faire", analyse Kevin Gourdon, "concrètement, en attaque, ils ne nous ont pas plus que cela breaké ou mis en danger. C’est nous qui avons été trop généreux, comme on l’est souvent depuis de trop nombreuses années ; souvent, c’est plus nous qui nous battons nous-mêmes que l’adversaire". 

Un constat que partage le beaucoup plus jeune Jules Favre. Il n' a certes pas l'expérience de "Kéké" mais lui préfère positiver : "Aujourd’hui pour gagner, il faut être régulier et on ne peut pas se permettre de passer à côté d’un match ou deux dans la saison. Il faut être régulier et ne jamais rien lâcher. Même si on perd, on ramène un point et c’est peut-être un point qui fera la différence dans les phases finales".

Arrivé au club en 2017, Jules, lui aussi, connait bien le stade Mayol, mais pas parce qu'il était sur la feuille de match il y a deux ans quand les jaune et noir s'étaient imposés là-bas. Non, le petit Jules est un gars de la rade et, à 22 ans, il espère bien se rappeler au bon souvenir du pays de son enfance.

Pour ma part, je suis né à la Seyne-sur-Mer juste à côté. J’ai supporté Toulon une bonne partie de ma jeunesse. Après je suis arrivé ici, mais c’est à chaque fois des gros matches et c’est une grande équipe. D’avoir gagné là-bas il y a deux ans, c’est forcément un super souvenir et je pense qu’aujourd’hui on peut encore le faire.

Jules Favre, ailier du Stade Rochelais

On l'aura compris, il y a beaucoup d'affectif dans ce qui est désormais un "classico" du Top 14. Et "affectif" en Ovalie, ça veut dire que le combat s'annonce âpre, notamment pour les "gros" devant. "Faites crever les enfants de Bretagne/Mais par pitié, ravitaillez Toulon" et, au passage, donnez la force aux Rochelais de gagner la bataille de la rade. Début des hostilités, ce samedi, à 21 heures.

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