Vendée Globe : à terre, les équipiers de Yannick Bestaven préparent son arrivée

Publié le Mis à jour le
Écrit par Yann Salaün

Les premiers marins du Vendée Globe sont attendus dans la nuit de mercredi à jeudi aux Sables d'Olonne. Les équipiers du skipper rochelais Yannick Bestaven vivent ces dernières heures de course avec sérénité et le sentiment du travail accompli.

E.T.A : Estimated Time of Arrival. En bon français, l'heure approximative à laquelle tout le team Maître Coq va apercevoir à l'horizon les voiles de Yannick Bestaven au large des Sables. Pour le moment, cette E.T.A se situerait plutôt dans la nuit de mercredi à jeudi. En attendant de scruter l'horizon, tous les yeux sont donc rivés sur les écrans d'ordinateur et les différents scénarios météo d'une fin de course incroyable.

VIDEO. Ecoutez et tendez l'oreille. Y. Bestaven nous dit comment il se prépare avant l'arrivée.

durée de la vidéo: 01 min 09
A bord avec Yannick Bestaven ©Vendée Globe TV - © Maître CoQ IV

A bord, le marin rochelais déclare ne pas trop y penser à cette E.T.A. Difficile à croire. En traversant en franc-tireur l'archipel des Açores, il a décidé de tenter un coup, un dernier. Lui qui était si longtemps en tête de la course a visiblement décidé de ne rien lâcher. Comme à son habitude. En arrivant au Cap Horn, le premier janvier dernier, Yannick nous disait ne rien vouloir regretter : "je ne me mets pas la pression du genre « je suis premier au Cap Horn, je serai premier aux Sables » parce que la route est longue et il peut se passer plein de choses. J’ai juste envie de profiter de ce retour". Il a de toute évidence tenu promesse, si l'on en croit son dernier message du bord.

J’évite de penser à l’arrivée pour l’instant. Ça me permet de me concentrer sur la navigation et de faire ce que j’ai à faire. J’ai du mal à avoir cette notion de temps qui reste pour arriver. Je navigue comme je l’ai fait pendant tout le Vendée, sans me préoccuper du temps qui reste avant la ligne d’arrivée. J’ai fait une route Nord où je suis allé chercher de fronts dépressionnaires assez forts, j’ai eu des grains à 35 nœuds et plus et j’ai récolté un peu ce que je suis allé chercher. Donc tout va bien.

Yannick Bestaven, skipper de "Maître Coq"

A terre donc, toute son équipe, elle, est déjà arrivée en Vendée. Par la route. "On n’est pas stressé, on est serein, les dés sont jetés et le Vendée il est réussi de toute façon", explique Jean-Marie Dauris, directeur technique et sportif chez Maître Coq, "on le laisse tranquille, il fait sa course. Très honnêtement, ça ne sert à rien de stresser. On verra bien au final". Jean-Marie a donc tranquillement mis le semi-rigide à l'eau et se prépare à une arrivée nocturne, vers deux heures du matin, avec beaucoup de vent. Il va falloir monter à bord rapidement une fois la ligne passée. 

Ce qu’on s’est toujours dit et ce qu’on s’est répété même quand il était en tête et qu’il a perdu toute son avance, c’est que le premier objectif, c’était de finir, le deuxième, c’était de finir dans les dix, déjà ça c’était bien et finir dans les cinq, c’était un objectif atteignable avec un bon concours de circonstances. Le contrat est rempli maintenant c’est que du bonus. C’est déjà un succès. Le reste, advienne que pourra…

Jean-Marie Dauris, directeur technique et sportif du team Maître Coq

Bilou, lui, est un peu plus impatient. "Ils nous font ch… depuis trois mois ces marins en mer ! On passe notre temps à les suivre ! Il est temps qu’ils arrivent !" Il rigole évidemment. Bilou, c'est Roland jourdain bien sûr. Maître Coq, ex Safran, c'était son bateau et le marin a activement participé à la préparation du soixante pieds pour ce Vendée Globe qu'il a suivi avec une assiduité certaine ; "Il faut quand même que je préserve ma vie professionnelle et ma vie privé ! Je fais un routage le soir et un le matin, mais je ne prends pas les fichiers intermédiaires dans la journée, sinon je pèterai un plomb !" Il était régulièrement en contact avec son ami rochelais pendant la course et aujourd'hui encore, il reste admiratif. 

Il m'épate vraiment. C’est vrai que tu as parfois tendance quand tu es en solo comme ça à mettre ton influx et ton énergie à envisager ce que les autres pensent de toi, ce qui se passe à terre pour ton équipe technique proche, ton sponsor, le public, ta femme, que sais-je… mais en fait, non, il faut apprécier l’instant et faire la part des choses. Et ça, Yannick, il a bien su le faire.

Roland Jourdain, conseiller du team Maître Coq

Les passionnés de course au large risquent donc de ne pas se coucher très tôt mercredi soir. Dans un scenario idéal, il devrait y avoir du suspens jusqu'au bout. Bon courage à celui ou celle qui s'aventurerait à pronostiquer l'E.T.A du vainqueur.