Le commandant de "L'Hermione", Yann Cariou, pressé de lever l'ancre

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Écrit par BD (avec AFP)
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Alors que "L'Hermione" doit lever l'ancre samedi, son commandant, Yann Cariou, s'impatiente déjà : "J'ai hâte de partir. Ce sera plus calme en mer", soupire-t-il dans sa cabine, entre deux ouvriers et leurs coups de marteau.

Le pacha débordé

Jusqu'au dernier moment, les préparatifs du périple se poursuivent dans le port de La Rochelle, notamment l'embarquement des 2.000 m2 de voiles. Sollicité de toutes parts par des journalistes ou des anonymes, le "pacha" de l'Hermione n'a pas un moment à lui.

Des philatélistes m'ont demandé de poster leurs lettres depuis les Etats-Unis. Un photographe compte aussi sur moi pour faire tamponner l'un de ses clichés lors d'une escale".
Yann Cariou, commandant de l'Hermione.



Traits un peu tirés, Yann Cariou, 53 ans,  cheveux gris, répond aux questions en souriant mais sans desserrer les dents. Et il s'amuse de son statut: "Je suis le pacha et le mousse en même temps! Au XVIIIe siècle, le commandant avait cinq valets à son service. Moi, je fais le ménage et la lessive moi-même. J'ai même dû m'acheter un service à vaisselle pour recevoir, deux chandeliers et une théière. C'était comme ça à l'époque".


Chaque manoeuvre est un effort

Si sa cabine occupe toute la largeur de la poupe de "L'Hermione", sous le pont, elle ne présente aucun élément de confort à part une table et quelques chaises en paille. Pas de fauteuil en velours, pas de dorure. Seul un perroquet empaillé baptisé "Latouche" apporte une note de fantaisie.

Samedi 18 avril au soir, le commandant prendra enfin la mer avec ses 80 membres d'équipage, en majorité des volontaires bénévoles mais tous surentraînés. Et ils en auront besoin pour endurer six semaines de traversée, jusqu'à l'arrivée prévue le 5 juin à Yorktown, prévient Yann Cariou, qui a déjà commandé trois ans un autre trois mâts, le célèbre "Belem", et qui compte sept tours du monde en 30 ans de marine nationale et six ans de marine marchande.

Tout pèse lourd. Chaque manoeuvre est un effort, surtout si elle se fait à 45 mètres de hauteur dans le vent et la pluie".


Un équipage de 80 marins

"Il y a deux siècles, ils étaient 242 à bord en temps de guerre et 196 en temps de paix, dont 130 dévolus à la manoeuvre. Il fallait 80 hommes pendant deux à trois heures simplement pour remonter l'ancre. Nous, nous serons 80 en tout", poursuit le commandant. "Alors tout reposera sur l'anticipation car nous avons l'avantage de connaître la météo précisément. Nous décomposerons les manoeuvres. Ce qui demande une heure, nous le commencerons trois heures avant", explique-t-il. Et gare à la casse ! La frégate ne dispose que de deux voiles de rechange qui coûtent très cher : 60.000 euros pièce.


Bête de course

Si le commandant est impatient d'appareiller, il n'est pas pressé d'arriver pour autant et fera donc primer la sécurité sur la performance: "Nous avons tablé sur une vitesse moyenne de 4,5 noeuds, même si "L'Hermione" peut aller beaucoup plus vite. Et si la frégate est en avance, elle devra faire des ronds dans l'eau en attendant, car contrairement au XVIIIe siècle, le bateau est attendu à une date précise."souligne Yann Cariou.

"L'Hermione est une bête de course, un bateau parfait. On n'a jamais fait mieux depuis", assure -en connaisseur- l'ancien commandant du "Belem".Samedi 18/04/2015, F3 Poitou-Charentes vous propose deux émissions spéciales pour suivre le départ de l'Hermione à 10h50 et 15h25.

Deux rendez-vous à suivre sur notre site Internet et sur les sites de :
- France 3 Limousin 
- France 3 Bretagne
- France 3 Auvergne


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