Rochefort : la justice va-t-elle clouer le bec du coq Maurice de l'île d'Oléron ?

Depuis des mois, les chants du gallinacé sont la source d'un conflit de voisinage sur l'île d'Oléron (Charente-Maritime). La décision du tribunal de Rochefort est attendue ce jeudi après-midi. 
Corinne Fesseau (à gauche), la propriétaire de Maurice, lors de l'audience du 4 juillet dernier au tribunal de Rochefort.
Corinne Fesseau (à gauche), la propriétaire de Maurice, lors de l'audience du 4 juillet dernier au tribunal de Rochefort. © Xavier Léoty / AFP
C'est une décision très attendue dans une affaire dont la presse du monde entier s'est fait l'écho. Le tribunal de Rochefort (Charente-Maritime) dira ce jeudi si le coq Maurice pourra continuer à chanter à tue-tête ou si son cocorico constitue un "trouble anormal du voisinage". 

Trop fort et trop tôt

Depuis des mois, un conflit oppose un couple, résident secondaire à Saint-Pierre-d'Oléron, à la propriétaire du gallinacé, leur voisine. Les premiers demandent à la seconde de faire cesser les nuisances sonores trop fortes et trop matinales de l'animal, près de leur maison de vacances.

Si le jugement est favorable aux demandes des plaignants, la propriétaire de Maurice, Corinne Fesseau, aura 15 jours pour éloigner le volatile ou le faire taire. Si elle ne s'y soumet pas, elle devra verser 150 euros d'astreintes quotidiennes ainsi que 1.000 euros de dommages et intérêts à ses voisins. 

La décision du tribunal correctionnel, qui ne sera pas rendue en audience publique mais déposée au greffe, est attendue en début d'après-midi.

Citadins contre ruraux 

Devenue le symbole de la ruralité menacée, l'affaire - relatée dans le très sérieux New York Times -  déchaîne les passions. Cet été, un commerçant oleronnais a fait créer des t-shirts à l'effigie de Maurice; une pétition pour "sauver Maurice" a recueilli quelque 140.000 signatures. 

Lors de l'audience qui s'est tenue le 4 juillet dernier, la propriétaire de Maurice avait bénéficié du soutien de plusieurs propriétaires de gallinacés. À la barre, l'avocat des plaignants avait plaidé que ses clients, de paisibles retraités ayant acheté une maison dans une zone urbanisée, souhaitaient simplement dormir tranquille.

L'avocat de la défense avait, quant à lui, opposé que l'île d'Oléron n'avait rien d'une zone urbaine. 
    
    
    
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