Le phare de Cordouan est à nouveau accessible aux visiteurs à partir de ce samedi 2 avril 2022. Et il est transformé, après neuf ans de travaux de rénovation.

"Je ne m'attendais pas à quelque chose d’aussi beau et d’aussi bien retapé. Je pensais que c’était plus dans son jus et je trouve ça magnifique", s’enthousiasme une touriste. Ce samedi 2 avril, les curieux sont nombreux à visiter le somptueux phare de Cordouan.

Situé à l’embouchure de l’estuaire de la Gironde, sur le territoire de la commune de Verdon-sur-Mer, il est rouvert à la visite après sa fermeture hivernale de novembre à la fin du mois de mars.

Malgré un vent glacial mais à la faveur d'une tempête de ciel bleu, les visiteurs n’auraient raté ce jour-là pour rien au monde. Majestueux, Cordouan ne l'a jamais autant été : 400 ans mais le "roi des phares" est comme neuf. "La dernière fois que je suis venu c’était il y a trois ans. C’était déjà un peu en chantier, et là, je constate que c’est la fin donc c’est une révélation quoi", indique un autre touriste.

Les artisans à l'honneur

Ce résultat, on le doit à Yann Moinard et aux tailleurs de pierre de l'entreprise saintaise Hory Chauvelin qui viennent de terminer leur chantier pharaonique de quelques six millions d'euros commencé en 2013. Un défi artisanal pour ces spécialistes des monuments historiques mais surtout une aventure humaine. Et en ce weekend des Journées européennes des métiers d’art, ils sont mis à l’honneur.

Je suis venu ici, je devais avoir huit ans avec l’école. Revenir dessus (phare de Cordouan ndlr) à 42 ans pour faire des travaux c’était un gros prestige mais la grosse peur quand même au ventre. Il y a le blocage, on ne peut pas sortir, on est bloqué sur un site, on ne connait pas les gens… Mais ça a été une magnifique expérience.

Yann Moinard, chef de chantier de l'entreprise Hory Chauvelin

Pour Thomas Dalisson et les trois autres gardiens, c'est aussi une saison particulière qui débute ce week-end, un an après l'inscription du phare au patrimoine de l'Unesco. Un nouveau chapitre dans la longue histoire de Cordouan. "Le phare a énormément changé. Il y a six ans, on avait l’impression de rentrer dans l’antre de Poséidon… Ce phare complètement rongé par le sel, battu par le vent, la pluie... Aujourd’hui, on a l’impression qu’il est tout neuf", témoigne Thomas Dalisson, gardien du phare de Cordouan.

Mais la marée n'attend pas et il faut bien se résoudre à rallier le continent. Cette année encore, le phare des rois accueillera plus de 25.000 visiteurs.