Accident de chasse mortel de Villars-les-Bois : trois ans de prison avec sursis pour le tireur

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Écrit par E. Gérard avec G. Kerbastard

En novembre 2019, un ramasseur de champignons avait été tué par un chasseur dans la forêt de Villars-les-Bois (Charente-Maritime). L'homme comparaissait ce jeudi devant la justice à Saintes.

Il a fondu en larmes à l'énoncé des réquisitions du procureur de la République de Saintes. Trois ans d'emprisonnement avec sursis, interdiction de chasser pendant dix ans, de porter une arme pendant 5 ans ainsi que la confiscation de toutes les armes en sa possession. 

Dix-huit mois après l'accident de chasse qui a coûté la vie à un septuagénaire dans la forêt de Villars-les-Bois, l'auteur du tir mortel était jugé ce jeudi au tribunal de Saintes (Charente-Maritime). L'homme âgé de 36 ans comparaissait pour homicide involontaire commis lors d’une action de chasse, par violation manifestement délibérée d’une obligation de sécurité ou de prudence. 

Le 15 novembre 2019, lors d'une partie de chasse en forêt de Villars-les-Bois (Charente-Maritime), il avait fait feu sur un bosquet, pensant faire face à un sanglier après avoir entendu sa chienne aboyer. Franck Jarry, 77 ans, ramassait des champignons à cet endroit-là, il n'a pas survécu. 

Chemise blanche et cheveux courts, le prévenu a tenté, lors de l'audience, d'expliquer son geste. Longuement questionné par le jury, la procureure et la défense sur les faits, il a répété à plusieurs reprises avoir eu peur pour sa chienne et avoir mal réagi. II a présenté ses excuses à la famille de la victime, présente en nombre dans la salle. 

Le fils de Franck Jarry, Daniel Jarry, a confié à notre équipe sur place son souhait de voir les règles applicables à la chasse changer à l'issue du procès. "Je n'ai pas de haine, ni ne souhaite de condamnation spécifique" a t-il déclaré. "Je ne suis pas anti chasse mais les armes me font peur" a-t-il également ajouté. 

Sitôt après l'accident, la Fédération de chasse de Charente-Maritime avait condamné cet acte "contraire aux règles élémentaires de sécurité". "C'est contraire aux règles de sécurité à savoir identifier formellement l'animal avant de tirer" avait déclaré Mathieu Asselin, le directeur de la fédération départementale. 

Le jugement a été rendu dans la soirée. Le chasseur a écopé d'une peine de 3 ans de prison avec sursis ainsi que d'une annulation de son permis de chasse à vie.