En Charente-Maritime, la justice redonne espoir à la famille éthiopienne menacée d’expulsion

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Écrit par Barbara Gabel

Ils sont installés depuis trois ans à Saint-Genis-de-Saintonge (Charente-Maritime) et étaient sous le coup d’une obligation de quitter le territoire. La cour administrative d’Appel de Bordeaux a annulé l’expulsion d’un père de famille éthiopien et de ses deux enfants. Une issue heureuse pour une famille soutenue par tout un village depuis plusieurs mois.

C’est un ouf de soulagement pour Wondwosen Getu. Ce père de famille éthiopien, arrivé il y a trois ans en Charente-Maritime avec ses deux enfants, était sous le coup d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF), ainsi que son logement, depuis le 10 décembre.

Ce mercredi 26 janvier, c'est la délivrance, avec la réception d’un courrier : la cour administrative d’appel de Bordeaux a annulé leur expulsion du territoire. Elle demande le réexamen du dossier.

"On est sur le bon chemin"

Victime de conflits inter-ethniques en Ethiopie, Wondwosen Getu a quitté son pays d’origine pour offrir un avenir meilleur à ses enfants. Ils ont atterri à Saint-Génis-de-Saintonge, 1.200 âmes. Au printemps dernier, le tribunal administratif de Poitiers et le préfet de Charente-Maritime avaient ordonné l’expulsion de la famille. 

Depuis, Wondwosen Getu vivait dans l’angoisse. “Très fatigué, beaucoup de stress”, nous explique-t-il en français. “J’étais stressé par tous les papiers et toutes les démarches à faire du soir au matin”.

Derrière la famille, un élan de solidarité s'était formé dans le village. Les habitants de Saint-Genis-de-Saintonge se mobilisent depuis des mois pour qu’ils ne soient pas renvoyés en Éthiopie. “C’est une première étape dans ce que nous souhaitons”, se réjouit Maxime Lopez, membre du comité de soutien de la famille Getu. “On est sur le bon chemin. Nous ne lâchons pas l’affaire, nous continuerons à les aider, il n’y a pas de doute là-dessus.”

Une mobilisation payante

Une première étape seulement, car le préfet de Charente-Maritime est chargé de réexaminer le dossier. Celui-ci contient de nouveaux éléments mis en lumière par le comité de soutien de la famille. En mai et en décembre 2021, ils étaient plus de 150 personnes à défiler dans la rue pour faire savoir que la famille était parfaitement intégrée. Une mobilisation qui a payé.

VIDÉO. Les habitants de Saint-Genis-de-Saintonge protestent contre l'expulsion programmée d'une famille éthiopienne.

Wondwosen Getu a deux promesses de CDD, mais n’a pas le droit de travailler sans papier. “Cet homme, il a un comportement exemplaire”, avait confié Jacky Quesson, maire de Saint-Genis-de-Saintonge. “Tous les jours, ils nous accompagnent bénévolement pour emmener les élèves à la cantine. C’est un homme poli et respectueux.”

Ses deux enfants, Temsgen et Yabsera ont 11 et 8 ans. Ils sont parfaitement intégrés et scolarisés. Cela fait 6 ans qu’ils ont fui leur pays car avant la France, ils ont transité par la Suisse et l'Allemagne. “L’Ethiopie, c’est galère, il y a la guerre”, avait confié Temsgen. “Je pourrais mourir là-bas.”

Prochaine étape dans leur combat : obtenir une autorisation de séjour provisoire et faire venir leur mère, bloquée aux Émirats arabes unis.

CARTE. Saint-Genis-de-Saintonge (Charente-Maritime)