"Si les clients ne reviennent pas, je vais devoir fermer" : l'appel au secours du gérant d'un bar culturel de Saintes

En septembre 2019, Grégory Riou créait un café culturel autour de la pop-culture à Saintes, en Charente-Maritime. Après un départ sur les chapeaux de roues, puis une fermeture pendant le confinement, les clients se font trop rares. C'est maintenant la survie du commerce qui est menacée. 

© Avec l'autorisation de Grégory Riou
Ce lundi 12 octobre, après avoir tergiversé pendant une dizaine de jours, Grégory Riou se résout à poster un appel à l'aide sur les réseaux sociaux.

Le gérant du Pop Kulture Café, un bar culturel ouvert à Saintes en septembre 2019, n'a pas vu sa clientèle revenir depuis la fin du confinement. Et si cela continue, il va devoir fermer définitivement son jeune commerce, dont les débuts étaient pourtant prometteurs. 

"Lors de l'ouverture, ça a très bien fonctionné, avec beaucoup de clients rapidement. Mais en novembre-décembre, la fréquentation a un peu ralenti avec le mouvement des Gilets Jaunes, comme nous sommes à côté du Palais de Justice. Puis de janvier à mars, c'est reparti", raconte Grégory Riou, joint par téléphone. Il poursuit : "j'envisageais d'embaucher quelqu'un dès cette année si ça continuait comme ça". 

J'ai serré les dents pendant le confinement, mais depuis la reprise, c'est catastrophique ! En septembre, c'était le coup de massue, il y a carrément des jours où je n'ai vu personne !

Grégory Riou, gérant du Pop Kulture Café à Saintes

Mais depuis la réouverture, le 2 juin, les clients sont beaucoup trop rares, déplore le gérant, qui continue à se mobiliser en organisant quiz, tournois, et autres animations. 
Dans la salle réservée aux jeux vidéo, les clients peuvent renouer avec les bornes d'arcade.
Dans la salle réservée aux jeux vidéo, les clients peuvent renouer avec les bornes d'arcade. © avec l'autorisation du Pop Kulture Café

 Sans clients, un café culturel qui perd son sens 

"Pour moi, le café était une reconversion professionnelle, je voulais partager de la culture" explique Grégory Riou. "Mais s'il n'y a personne, ça ne sers à rien que je continue."

Son Pop kulture Café est un bar avec une licence trois, dans lequel les clients ont accès à des jeux de société en consommant. Ils et elles peuvent aussi, moyennant 2,5 euros la demi-heure, profiter d'un très grand espace consacré aux jeux vidéos, "avec toutes les consoles possibles, et des bornes d'arcades", ainsi que d'un étage bibliothèque, avec des mangas, comics, bandes-dessinées, etc. 
Le coin bibliothèque du Pop Kulture Café.
Le coin bibliothèque du Pop Kulture Café. © avec l'autorisation du Pop Kulture Café
Ce lundi 12 octobre, Grégory Riou poste donc cette vidéo qu'il a filmé le 1er octobre et la partage sur les réseaux sociaux.

► "Fermeture définitive du Pop Kulture Café ?"
Vidéo postée par Grégory Riou sur Youtube ce lundi 12 octobre.
Fermeture définitive du Pop Kulture Café ?
Sur la page facebook du PKC, la réaction des abonnés est rapide et massive : les partages et commentaires se multiplient. 

"J'ai reçu des notifications et des messages toute la journée. C'est émouvant, et en même temps, pour moi qu'il n'ai pas l'habitude de me mettre en avant, ça fait un peu peur", réagit Grégory Riou. "Mais j'avais bien réfléchi, et je me suis dit que de toute façon, vu la situation, je ne risquais rien de plus." 

"Pas de dons, mais des clients !" 

En réponse à son message, certains clients ont suggéré à Grégory d'ouvrir une cagnotte en ligne. Mais le gérant s'y refuse, préférant maintenir la structure à flots avec ses économies.

"Même si le chiffre d'affaires, c'est important, le but, c'est vraiment que les clients reviennent" insiste-t-il. "Si ce n'est pas le cas, je devrais fermer et je saurais rebondir. Mais ça serait dommage pour Saintes..." 

Malgré tous les messages de soutien reçus ce lundi, Grégory Riou veut garder la tête froide : "ça redonne de l'espoir, mais il faut rester pragmatique. Je ferais le point le 1er novembre..."

D'autant qu'il n'a pas encore pu constater le retour d'éventuels clients, car son commerce est fermé le lundi, "mais beaucoup m'ont dit qu'ils passeraient dans la semaine".

Reportage de Laurent Pelletier et Anna Pettini

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