Stupeur à l'hôpital de Jonzac : un deuxième médecin impliqué dans une affaire de délinquance sexuelle

L'enquête menée autour de Joël Le Scouarnec a permis de découvrir qu'un second médecin, exerçant toujours en Charente Maritime, au contact de patients mineurs, a été condamné pour détention d'images pédopornographiques, et fait l'objet d'une nouvelle enquête. Il est désormais suspendu de son poste.
Sa condamnation remonte à 2008. 3 mois de prison avec sursis et 2000 euros d'amende. A l'époque, la justice ne l'oblige pas à cesser l'exercice de la médecine. Selon nos confrères de Radio France, lorsque les enquêteurs s'intéressent au parcours de Joël Le Scouarnec, ils découvrent trois appels téléphoniques entre lui et cet anesthésiste exerçant également à Jonzac. Ce dernier aurait admis alors au cours de son audition en décembre 2017 consulter encore des vidéos pédopornographiques, mais "pas de façon aussi régulière".
 

"C'est scandaleux !"

Le parquet de Saintes n'a pas souhaité commenter ce vendredi matin cette enquête en cours pour ces nouveaux faits. Elle est ouverte pour visionnage d'images pédopornographiques "à titre privé".
D'après nos informations, cette seconde enquête, pas plus que la première, ne le contraint dans sa pratique de la médecine. Il avait d'ailleurs pris son service ce matin, comme d'habitude.
Mais pour personnels et patients, qui découvrent aujourd'hui cette nouvelle affaire dans la presse, c'est une nouvelle onde de choc. La représentante de la CGT à l'hôpital de Jonzac, nous a dit être scandalisée. Pour cette infirmière, la question du recrutement des médecins doit être posée dans cet hôpital, déjà meurtri par la révélation de l'affaire Le Scouarnec.

On se sent coupable, parce qu'on a accueilli les personnes pour des soins, ils vont aller mieux, ça va être super. Et on ne sait pas, en fin de compte, que quand on reçoit des enfants, on les amène dans la gueule du loup.

Une première sanction disciplinaire

Le centre hospitalier de Jonzac annonce ce vendredi avoir décidé la suspension de ce praticien jusqu'à nouvel ordre.

Dans son communiqué, la direction de l'établissement "tient à préciser que le volet du casier judiciaire du Dr Cuot accessible à l'employeur ne portait aucune mention de condamnation".

De même, le conseil de l'Ordre des Médecins de Charente-Maritime s'étonne du silence de la justice. Son président, le Dr Pascal Révolat, nous a confirmé ne jamais avoir été alerté sur ces différents cas de médecins. Parti aux renseignements auprès du parquet, suite aux révélations de ce jour, il n'a pu en savoir plus.

L'association l'Enfant Bleu réclame un casier judiciaire plus accessible

Même troublante découverte venue par l'enquête sur Le Souarnec pour un autre praticien hospitalier, en Bretagne cette fois. Cet autre collègue du chirurgien, radiologue de Quimperlé, a été condamné à 18 ans de prison pour des viols et agressions sexuelles sur une trentaine de patientes, certaines mineures. Il s'est enfui et est recherché, toujours selon Radio France.

Le procès de Joël Le Scouarnec débute dans 8 jours devant la Cour d'Assises de Saintes. Le chirurgien est soupçonné d'avoir violé ou sexuellement agressé près de 350 enfants durant 3 décennies, dans une dizaine d'hôpitaux différents. Le dernier où il exerçait était celui de Jonzac.

Hasard de l'actualité, la veille de la révélation de cette nouvelle affaire, l'association l'Enfant Bleu, partie civile dans ce procès à venir, déplore, dans un communiqué, "que des personnes, ayant été condamnées pour des agressions sexuelles, puissent continuer à exercer en toute liberté une profession en contact avec des mineurs".
L'association, déjà à l'origine de la création, il y a plus de 15 ans, du fichier judiciaire des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes, réclame que toutes les entreprises et institutions dont le personnel est amené à être en contact avec des mineurs puissent consulter ce fichier.
 
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