VIDEO Législatives 2022 : le débat dans la cinquième circonscription de Charente-Maritime

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Á moins de deux semaines du premier tour des législatives, gros plan sur la cinquième circonscription de Charente-Maritime. Didier Quentin (LR) est le candidat sortant. Il affronte neuf challengers.

Laïd Berritane de France 3 Poitou-Charentes et Julien Fleury de France Bleu La Rochelle reçoivent cinq candidats : Didier Quentin (LR), Margarita Sola (NUPES), Séverine Werbrouck (Rassemblement National), Christophe Plassard (Ensemble), Marie-Noëlle Groch (PRG).

Sont également candidats dans cette circonscription : Grégory Dathy (DSV), Florence Courtois (REC), Danièle Cassette (DXG), Vincent Marichal (ECO), Romuald Dequatre (ECO).

Trois thèmes seront abordés : les éoliennes, la santé et l’emploi saisonnier.

Les éoliennes

Voilà un sujet qui met presque tout le monde d'accord... Le projet d'éolien en mer au large d'Oléron suscite une opposition quasi-totale, avec des arguments différents et une virulence plus ou moins nuancée.

Didier Quentin (LR) s'il soutient les positions d'Emmanuel Macron, favorable au développement de cette énergie, réfute la pertinence de ce projet-là : "Il y a déjà cinq ou six projets du même genre sur notre littoral. Ce projet est mal placé, c'est le grand méchant flou ! D'abord prévu sur 100 km², on en est à 760, avec des éoliennes de 270 mètres de haut. Maintenant il faut creuser à 40 mètres devant le port de La Cotinière qui est le 5 ou 6e de France, où le conseil départemental vient d'investir 60 millions d'euros ! Il n'y a pas d'urgence, attendons plutôt les retours d'expérience".

Séverine Werbrouck (RN) se décrit comme une opposante de la première heure et ironise sur le positionnement ambivalent du député sortant. Pour elle, c'est un non catégorique en raison de son soutien aux pêcheurs, dont elle explique vouloir défendre les intérêts au-delà de cette question (notamment les quotas). 

Refus en bloc également pour Marie-Noëlle Groch (PRG) : "Ma position, c’est non à ce projet du gouvernement. On a une urgence climatique, je suis d'accord avec vous, mais il y a d'autres solutions. Je suis pour un projet sur plate-forme mais avec production d’hydrogène. Autrement, ça ne supprime pas le problème d'atterrage, catastrophique pour l'environnement".

Postures plus mesurées pour Christophe Plassard (Ensemble) et Margarita Sola (NUPES).

Le candidat de la majorité présidentielle estime nécessaire de poursuivre le mix énergétique (en augmentant la part d'énergies renouvelables), pour faire face aux besoins croissants en énergie électrique. Ensuite, c'est plus nuancé : "Il faut saluer le travail de la commission du débat public. Mais aujourd’hui, nous n'avons pas assez d’informations sur les études d’impact, c'est trop tôt pour dire oui, trop tôt pour dire non."

La candidate de la  Nouvelle Union populaire écologique et sociale est la moins frileuse des cinq débatteurs : "Je défends avant tout les énergies renouvelables. Quand il y a un projet dans cette 5e circonscription, je regarde, je m’informe. Si nous voulons renoncer aux énergies fossiles, il va bien falloir être inventif, audacieux." Elle précise toutefois : "Il est évident qu'en aucun cas nous ne supporterons qu'un parc éolien off shore puisse être dans une zone Natura 2000, un parc naturel marin, mais il faut être audacieux, il faut regarder les autres expériences. Au large du Portugal, il y a un projet d'éoliennes sur plates-formes, pas ancrées au sol. Et c'est très créateur d'emplois"

La santé

De nombreuses urgences d'hôpitaux fonctionnent difficilement, c'est le cas à Royan, Jonzac... Ces petits établissements ont du mal à recruter de manière pérenne.

Didier Quentin se veut rassurant : "Je suis ça de près, je suis en relations quotidiennes avec les responsables." Il estime que le Président de la République a pris la mesure du problème en lançant une mission "flash" et localement il affirme que toutes les précautions seront prises, pour faire face au doublement, voire triplement de la fréquentation de ces lieux de soins l'été. Il préconise des recrutements et la réintégration des soignants exclus par leur refus de vaccination.

Christophe Plassard (Ensemble) défend le bilan du Ségur de la Santé "Mais on part de loin, l'hôpital est dans un état très dégradé. La fin du numérus clausus est un début mais pour former un médecin, il faut dix ans. Aujourd’hui, la démarche c’est comment faire plus avec autant de médecins." Il prône un changement de modèle pour rapprocher le soin du patient.

Pour Séverine Werbrouck (RN), il est urgent de réorganiser l’hôpital, d'alléger l’administratif. Pour attirer de nouveaux médecins sur nos territoires, elle mise sur les incitations financières.

Marie-Noëlle Groch (PRG) désapprouve la concurrence entre hôpitaux de proximité lancés dans une surenchère salariale pour financer les missions d'intérim. "C'est une question de valeurs morales, mais là il y a urgence." Elle espère un meilleur partage de la tâche avec les médecins généralistes.

Margarita Sola (NUPES) voudrait plus de vigilance dans la répartition des soignants. Elle voit dans la situation actuelle une "expression de cette difficulté à être dirigé par des administratifs" et la nécessité d'arrêter le système de tarification à l’acte.

L'emploi saisonnier

Plusieurs milliers d'emplois restent non-pourvus à l'approche de la saison. Principal obstacle : la cherté des logements dans les zones touristiques.

Christophe Plassard (Ensemble) se félicite de la baisse du chômage, à mettre au crédit du gouvernement : " -19% chez les jeunes de notre territoire" et déplore l'existence de nombreux freins. Il rappelle toutefois quelques initiatives positives, notamment celle de la Mission locale de Royan qui depuis l’an dernier met à disposition une quarantaine de logements (dont les chambres du lycée de Cordouan).

Séverine Werbrouck (RN) ne souhaite pas faire peser de contrainte sur les loueurs, elle plaide pour des aides du conseil régional et réclame que l’Etat puisse intervenir pour que les communes réservent une partie de leurs capacités d'hébergement aux saisonniers.

Marie-Noëlle Groch (PRG) rappelle que le tourisme n'est pas le seul secteur concerné, il y a aussi l’agriculture. Pour elle, le nœud du problème, ce sont les salaires, le statut : "Il faut sécuriser tout cela ! Aux branches professionnelles de travailler la situation. Pour moi, élue de terrain, ce n’est pas à mon maire de se battre pour ces logements-là, mais le restaurant pourrait discuter avec le camping d'en face pour réserver des espaces aux saisonniers".

Didier Quentin (LR) incitent les employeurs à se grouper pour trouver des logements à leurs salariés. 

En conclusion de cette émission, les cinq candidats ont également échangé sur leurs objectifs politiques pour ces législatives.

Ce débat est traduit en langue des signes.