Avec “Le potager d’à côté”, les restaurateurs d’Angoulême cuisinent les surplus des maraîchers

Des fruits moches, des légumes déclassés ou issus de surplus de production… récupérés par les restaurateurs. C’est l’idée de la plateforme Le potager d’à côté, qui facilite les échanges avec les maraîchers pour éviter le gaspillage. A Angoulême (Charente), 15 restaurants s'approvisionnent ainsi.
Une quinzaine de restaurateurs d'Angoulême cuisinent des légumes déclassés ou issus de surplus de production grâce à la plateforme "Le potager d'à côté". (Photo d'illustration)
Une quinzaine de restaurateurs d'Angoulême cuisinent des légumes déclassés ou issus de surplus de production grâce à la plateforme "Le potager d'à côté". (Photo d'illustration) © Alexandre Marchi / MaxPPP

“Mon fournisseur de légumes, c’est à 70 % “Le Potager d’à côté” !” Mathilde Massa est gérante d'un restaurant à Gond-Pontouvre, près d'Angoulême (Charente). En cuisine, ses courgettes, melons, poivrons et haricots verts sont issus de surplus laissés dans les champs ou déclassés, souvent en raison de leur apparence. C'est grâce à la plateforme Potager d'à côté que ces produits ont une seconde vie.

Objectif : mettre en relation producteurs locaux et restaurateurs dans une démarche anti-gaspillage. "J’avais vraiment envie d’aider les producteurs qui se retrouvent avec des kilos et des kilos de légumes sur les bras", explique Virginie Broncy, fondatrice du Potager d'à côté et originaire de la Ruelle-sur-Touvre. "Le but est aussi d'augmenter le nombre de produits locaux dans nos assiettes.”

"500 kilos de melon à écouler !"

A Angoulême et aux alentours, une quinzaine de restaurants s’approvisionne régulièrement grâce au Potager d’à côté. Chaque début de semaine, Virginie Broncy envoie la liste des produits disponibles aux restaurants. C’est elle qui s’occupe directement de la livraison. “Cette semaine, on doit aider un maraîcher à écouler 500 kilos de melon, on ne sait pas ce qu’on va en faire. Même avec 15 restaurants, ça ne suffit pas.”

Quelques kilos de melons finiront au Moulin Neuf, le restaurant de Mathilde Massa. Selon la saison et les produits, la restauratrice adapte sa carte.“En ce moment, on a beaucoup de tomates, alors par exemple on les confit pour les servir avec du poisson, ou on les marine pour accompagner une raviole d'œuf", détaille celle qui commande chaque semaine entre 10 et 15 kilos de légumes au Potager d'à côté pour une centaine d'euros.

Aujourd’hui, cette initiative n’existe qu'à Angoulême et périphérie. “Si cela a du sens, on veut l’appliquer sur d’autres territoires”, espère Virginie. La jeune femme cherche aussi à travailler avec d’autres restaurants privés, des traiteurs, ou des boulangeries. 

Potager d’à côté, légumes près de chez soi

Créée en 2018 pour faciliter l’accès aux fruits et légumes de saison grâce aux maraîchers ou aux jardins amateurs à proximité, Le potager d'à côté est avant tout destiné aux particuliers. Chaque vendeur est libre de fixer ses prix. Une initiative qui a trouvé un véritable écho au niveau national : plus de 8000 personnes sont inscrites sur la plateforme, partout en France.

Virginie Broncy travaillait auparavant à Microsoft. Elle a voulu changer de vie. “J’étais dans une démarche de création d’entreprise qui aurait du sens pour l’environnement", raconte-t-elle. "Je suis partie d’une problématique personnelle : la difficulté à trouver des bons fruits et légumes près de chez moi.” Si elle a tout misé au départ sur son site internet, l'outil numérique ne suffit pas selon elle, "il faut des gens qui y croient derrière" . Depuis mars 2020, le Potager d’à côté est reconnu comme Entreprise solidaire d’utilité sociale et a livré plus de six tonnes de produits.

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