Covid-19 : une rentrée masquée pour tous les élèves du CP à la Terminale

Ce lundi matin, tous les élèves sont arrivés à l'école en portant déjà leur masque, aucun d'entre eux ne l'avait oublié ou n'en avait pas sur lui. Le port du masque dès six ans n'est qu'une des mesures du protocole sanitaire renforcé auquel les élèves et les enseignants vont devoir s'habituer.
Entre hommage à Samuel Paty, le professeur tué le 16 octobre 2020 à Conflans-st-Honorine lors d'une attaque terroriste islamiste, et le renforcement du protocole sanitaire pour lutter contre la propagation de l'épidémie de Covid-19, cette rentrée scolaire des vacances de la Toussaint n'a ressemblé à aucune autre. 
Malgré le reconfinement, le gouvernement a décidé que les établissements scolaires du primaire au lycée resteraient ouverts pour continuer à assumer leur mission éducative tout en appliquant un protocole sanitaire renforcé. Un protocole que les syndicats d'enseignants auraient souhaité encore plus strict, notamment sur le dédoublement des classes qui a été écarté par le ministère de l'Education nationale.

La mesure la plus visible et dont tout le monde parle depuis la semaine dernière, c'est l'obligation pour tous les élèves à partir de six ans de porter un masque pendant toute la journée de classe.
Ce matin, les premiers concernés, les enfants ne semblaient pas vraiment effrayés par cette mesure ni s'en formaliser. Désormais, ils font comme les grands et leurs parents, c'est ce que nous confirment des mères d'élèves rencontrées ce matin devant l'école primaire Jean Moulin de Soyaux.

Les enfants n'ont pas l'air de s'inquiéter plus que ça. Je pense qu'ils sont assez contents de faire comme Papa et Maman après il faudra voir s'ils arrivent à la porter toute la journée ou pas.

Marie Baubert, mère d'élèves à Soyaux en Charente


Une mesure approuvée aussi par cette autre mère d'élève, Nelly Ponthereau, inquiète des risques de contamination.

Je pense que c'est essentiel, ça va être difficile certainement pour les enfants mais vu qu'il peut y avoir des contaminations entre eux et rapporter le virus à la maison, pourquoi pas ? Et les enfants ont besoin de garder le contact avec l'école, on a vu le premier confinement a été difficile pour certains.


Habituer les élèves aux nouvelles mesures

Certains enseignants craignent tout de même que ce port du masque ne soit une source d'anxiété pour certains élèves et surtout ils s'inquiètent de la surveillance constante qu'ils vont devoir apporter à chaque élève pour faire respecter au mieux les consignes sanitaires.

Certains enfants ne sont pas habitués au port du masque donc on va avoir un gros travail à faire pour les habituer à le porter tout le temps, pour éviter qu'ils le touchent parce que ça peut s'avérer contreproductif et surtout éviter les contaminations, c'est notre principal objectif.
                                                                                                Marina Durepaire, directrice de l'école Jean Moulin de Soyaux


Interdiction de jouer dans la cour ou d'échanger des objets entre élèves, lavage des mains plus fréquent, respect de la distanciation physique si c'est possible... la liste des mesures sanitaires imposées par le ministère est longue.

On va échelonner les récréations, on va faire un groupe par classe c'est à dire qu'on va éviter le brassage des élèves, de mélanger les élèves de plusieurs classes et on va échelonner les horaires d'arrivée des parents le matin et le soir.

Marina Durepaire, directrice de l'école Jean Moulin de Soyaux


"Aujourd'hui, chacun a fait au mieux"

Le nouveau protocole sanitaire n'a été formalisé par le gouvernement qu'au cours de ce week-end. Les enseignants et les chefs d'établissements n' en ont pris connaissance dans sa totalité que samedi matin. Un délai leur a été accordé pour finaliser sa mise en place jusqu'au 9 novembre prochain.
"Aujourd'hui pour ce jour de rentrée, chacun a fait au mieux" constate Gilles Tabourdeau, le secrétaire départemental 86 du SNUipp, syndicat des enseignants du premier degré. Mais tout ne dépend pas de l'Education nationale, ajoute le syndicaliste comme le nettoyage et la désinfection des classes qui doit être fait plus fréquemment mais qui est sous la responsabilité des communes. Le syndicat enseignant juge que le nouveau protocole, même renforcé, ne va pas encore assez loin et n'est pas assez précis alors qu'il y a une vraie nécessité à maintenir les écoles ouvertes

C'est une nécessité d'avoir les écoles ouvertes et c'est notre souhait pour éviter les dégâts engendré par le confinement. En revanche, on ne peut pas le faire au détriment des personnels, des enfants et de leurs parents. Le gouvernement fait le pari d'une ouverture des écoles à court terme car les moyens mis en place ne sont pas suffisants."

Gilles Tabourdeau, le secrétaire départemental 86 du SNUipp



Outre d'avoir plus de temps pour s'organiser, les syndicats d'enseignants demandent tous la même chose afin de limiter la propagation de l'épidémie : pouvoir dédoubler les classes et faire des demi-groupes en recrutant du personnel pour encadrer les élèves.. Une demande à laquelle, le ministère de l'Education nationale se refuse.
Samedi, tous les syndicats d'enseignants du premier degré, réunis en intersyndicale, ont déposé une alerte sociale préalable au dépôt d'un préavis de grève nationale pour dénoncer la gestion de la crise sanitaire par le ministère. 


Parfois difficile d'éviter le brassage des élèves

Dans le second degré, où le port du masque était déjà obligatoire pour tous, les responsables d'établissements et les enseignants sont confrontés à des difficultés à la fois similaires et différentes.
 

Ce qui pose de gros problème, c'est d'éviter le brassage des élèves. Dans les cantines par exemple, on voit bien que ce n'est pas possible, il n'y a pas vraiment d'échelonnement.

Svend Walter, responsable départemental du SNES-FSU dans la Vienne


Aux lycées où les élèves suivent de nombreuses options différentes, il est aussi quasiment impossible d'éviter ce brassage des lycéens pourtant potentiellement plus susceptibles de transmettre la covid-19 que les enfants plus jeunes.  Dans un interview au JDD, Olivier Véran, le ministre de la Santé, a estimé "possible" que les lycées referment si les mesures prises ces derniers jours pour freiner l’épidémie ne sont pas "suffisamment efficaces".

Une rentrée pas comme les autres à l'école primaire Jean Moulin à Soyaux en Charente
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