Plongée au coeur de l'horreur aux assises de la Charente

Une affaire d'une rare violence devant les assises de la Charente / © Bruno Pillet, France Télévisions
Une affaire d'une rare violence devant les assises de la Charente / © Bruno Pillet, France Télévisions

Les assises de la Charente à Angoulême examinent à partir de ce mercredi, une affaire d'une rare violence. La victime, une jeune femme de 24 ans au moment des faits a été battue, séquestrée, brûlée et violée.

Par Sophie Goux

Le 12 juillet 2016, les secours sont appelés dans un bar d'Angoulême par le propriétaire. Une jeune femme vient de s'y présenter et de s'y évanouir dans un état effroyable. 

Sa tête et ses sourcils sont rasés, elle présente une scarification sur la pommette, son nez est enfoncé, des lambeaux de peau pendent de ses lèvres, elle a plusieurs dents cassées, des hématomes au thorax, à l'abdomen, aux cuisses, aux bras, au dos, elle présente aussi des brûlures aux pieds et aux mains. Le médecin des urgences va comptabiliser 19 fractures aux côtes, au nez, aux mandibules, aux vertèbres lombaires. Des traces de violences sexuelles ont également été relevées, permettant de conclure à une agression sexuelle

Un ami rapidement interpellé

Cette jeune femme est la victime de son ami et proxénète. C'est lui qui est dans le box des accusés pour les trois prochains jours. Il s'appelle Timothée Munz, il a aujourd'hui 28 ans et il est de nationalité brésilienne. Il est poursuivi pour viol, séquestration, actes de torture et de barbarie ayant entraîné une infirmité permanente et proxénétisme aggravé.
Les scellés présentés devant la cour d'assises / © Bruno Pillet, France Télévisions
Les scellés présentés devant la cour d'assises / © Bruno Pillet, France Télévisions
Les scellées devant la cour / © Bruno Pillet, France Télévisions
Les scellées devant la cour / © Bruno Pillet, France Télévisions

Devant les enquêteurs et la cour, il a reconnu les faits de proxénétisme, mais pas les autres accusations. Il a expliqué que comme la victime se prostituait à sa demande, elle avait pu être agressée par des clients.

Un mois plus tôt, la famille de la victime avait alerté les secours

Le 10 juin 2016, déjà, les pompiers étaient intervenus à la demande de la famille de la victime qui disait ne plus avoir de ses nouvelles. La jeune femme présentait alors des hématomes au visage, des lacérations sur un bras et se plaignait du dos. Elle avait affirmée aux enquêteurs s'être fait agresser une semaine auparavant à Bordeaux dans une discothèque. Elle avait caché avoir déposé plainte contre l'accusé, affirmant qu'il l'avait, à plusieurs reprises, menacée de "lui casser la gueule".
 

L'accusé prostituait ses petites amies

Lors de ses différentes auditions, la victime a expliqué aux enquêteurs avoir été contrainte à la prostitution. Selon elle, Timothée Munz avait rédigé une annonce sur internet, il recevait sur son téléphone les appels des clients et fixait les tarifs. 80 euros pour 30 minutes, 150 pour une heure, il récupérait 10 euros sur chaque passe et la faisait travailler de 18 heures à minuit.
Quatre autres jeunes femmes ont également déclaré avoir été contraintes à la prostitution par l'accusé. L'une d'entre elle a également expliqué avoir été violée.


Une victime marquée à vie

Lors de cette première matinée d'audience, la victime est apparue au tribunal le visage déformé par les nombreuses violences subies. Elle souffre de stress post-traumatique et a de nombreuses séquelles sur le corps, elle a perdu des dents et présente également un trouble de la marche. Le médecin expert a fixé une ITT à 180 jours et a conclu à une infirmité permanente au sens pénal du terme.
L'avocat de la victime a expliqué, au début de l'audience, que sa cliente redoutait de croiser le regard de son agresseur. Un système de protection a été mis en place pour qu'il y ait toujours quelqu'un entre elle et lui, même quand elle sera à la barre, sa mère sera à ses côtés pour faire obstacle.

L'accusé encourt une peine de 30 ans de réclusion criminelle.
 

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