C'est la pleine période de la distillation dans l'appellation Cognac. La date légale de fin est fixée au 31 mars. La moitié des vins est distillée par des producteurs, l'autre par des bouilleurs de profession. Un métier moins connu mais indispensable. Reportage.
A ne pas confondre avec le bouilleur de cru : viticulteur qui distille ou fait distiller à façon sa propre production. Par extension, il s'agit aussi d'un viticulteur qui possède son propre stock d'eaux-de-vie de Cognac. Un bouilleur de cru peut faire de la vente directe. On les appelle aussi les bouilleurs ambulants. Ce n'est pas une profession mais un statut qui découle du statut de propriétaire récoltant. ( voir encadré : histoire et législation des bouilleurs de cru)
Rencontre avec un bouilleur de profession à Jarnac ( 16 ) :
Reportage signé Bruno Pillet, Christophe Guinot et Marion Reiler
Les intervenants :
- Eric Pinard, bouilleur de profession
- Alain Rouvier, oenologue Distillerie Pinard
Histoire et législation des bouilleurs de cru
- Les députés ont adopté en novembre 2011 la prolongation « à vie » du privilège des bouilleurs de cru, un droit de bouillir qui s'éteindra en même temps qu'eux. Les bouilleurs de cru, dont la plupart actuellement sont octogénaires, distillent pour leur propre compte des liqueurs ou des alcools avec les fruits de leurs vergers.
- Le privilège de bouilleur de cru : En France, depuis 1959, ce privilège n'est plus transmissible par héritage, et s'éteindra donc au décès des derniers détenteurs. Depuis 2008, les bouilleurs de cru ne bénéficiant pas du privilège sont taxés à 50 % sur les dix premiers litres d'alcool pur et ensuite à 100 %.
- l'origine du privilège de bouilleur de cru remonte à Napoléon lorsqu'il accorda un privilège d'exonération de taxes pour la distillation de 10 litres d'alcool pur ou pour 20 litres d'alcool à 50°pour ses grognards, soldats de la Vieille Garde de Napoléon Bonaparte.