Coronavirus : 12 patients du Grand-Est évacués en TGV vers les hôpitaux de Poitou-Charentes

Arrivée du train Chardon en gare du Futuroscope / © Marie-Noëlle Missud (FTV)
Arrivée du train Chardon en gare du Futuroscope / © Marie-Noëlle Missud (FTV)

Après l’arrivée hier au CHU de deux patients par avion, Poitiers, La Rochelle, Niort, Angoulême accueillent ce dimanche un nouveau convoi de malades du Covid-19, en train cette fois. Une opération complexe et inédite.
 

Par Marie-Ange Cristofari

C’est une mission plus que délicate, coordonnée notamment par le CHU de Poitiers et le SAMU. Les équipes étaient parties la veille pour rejoindre l’Alsace. Deux groupes de six soignants, chacun composé d’un médecin, un interne, un infirmier anesthésiste et trois infirmiers.
 

L’installation (et la désinstallation) de la douzaine de patients à bord de ces deux TGV médicalisés prend quatre heures. Ces malades du Covid-19 quittent les services de réanimation, saturés, des hôpitaux alsaciens de Colmar (4 patients) et Mulhouse (8 patients).

Grande vitesse, grandes précautions

Ces deux trains bien particuliers ont un nom de code : Chardon 2 et Chardon 3 (le premier transport du genre était à destination d’Angers, la semaine dernière)
Une fois les brancards sécurisés, sanglés au-dessus des sièges, ils ont circulé à la vitesse habituelle de 320 km/h. Mesure de sécurité, la première voiture doit rester vide. "Bouclier" en cas de choc. Sur le parcours, les gendarmes ont sécurisé certains passages à niveaux.
 


Arrivée, comme prévue à 15h45 en gare du Futuroscope, spécialement ré-ouverte pour cette évacuation sanitaire inédite. Les patients sont ensuite transférés par ambulances ou hélicoptère.
 


La répartition dans les différents hôpitaux est de trois à La Rochelle, cinq à Poitiers, deux à Angoulême et deux à Niort.
 


Pour chaque patient reçu, Niort avait ainsi envoyé un réanimateur ou urgentiste, un infirmier, infirmier anesthésiste et un ambulancier.
Le transport des patients vers La Rochelle s'est fait grâce à deux ambulances et un hélicoptère. Ce dernier a rallié la capitale de Charente-Maritime en 33 minutes.
 

En parallèle, un autre train est parti de Nancy, à destination de Bordeaux. A son bord, 24 autres patients en réanimation. Ils sont, eux aussi, répartis dans diverses structures hospitalières : 6 à Bayonne, 4 à Pau, 11 à Bordeaux (1 au CHU, 7 à l'hôpital militaire, 3 dans la clinique privée de Bordeaux Nord), 3 à Libourne.

Avec un total de 36 malades évacués, il s'agit du plus grand transfert médicalisé jamais organisé en France.
 

Une solidarité nationale possible car notre région est en capacité, et de recevoir des patients extérieurs et de faire face à un éventuel afflux local. Il reste ce dimanche soir 167 lits disponibles en réanimation en Nouvelle Aquitaine.
 

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