"L’enfant attendait que son papa reconnaisse les faits" : un homme condamné pour agression sexuelle sur sa fille et détention d'images pédopornographiques

Ce jeudi 21 mars, un homme était jugé par le tribunal de Brive-la-Gaillarde pour détention d’images à caractère pédopornographique et agression sexuelle sur sa fille. Il a été condamné à trois ans de prison avec du sursis, ainsi qu'une interdiction d'entrer en contact avec des mineurs, dont son enfant.

"Je ne pensais pas que le virtuel pouvait atteindre le réel." C’est par ces mots que le prévenu a tenté de s'expliquer devant les faits qui lui sont reprochés. Il est accusé de corruption de mineurs et de détention d’images à caractère pédopornographique pour des faits qui se sont déroulés entre 2016 et 2022.

À l'époque, l’homme rencontrait ses jeunes victimes sur une messagerie en ligne, sans inscription. Au cours de discussions, celui-ci se masturbait devant sa caméra en incitant ces jeunes interlocutrices à faire de même. “C'était juste pour me faire plaisir et faire profiter”, raconte-t-il ce jeudi 21 mars à la barre.

Repéré par une cyberpatrouille, l'homme avait été placé en garde à vue. Des fichiers pédopornographiques avaient alors été retrouvés sur son ordinateur. Devant les policiers, l'homme avait reconnu les faits avant d’avouer spontanément avoir agressé une fois sa propre fille encore mineure.

Interdiction d'être en contact avec des mineurs

"On faisait les fous", se défend-il. Une version largement démentie aujourd'hui par l’avocate de la jeune fille. "Votre fille ne parlait pas d'un jeu", répond la procureure. L'accusé finit par reconnaître les faits à la barre, et demander pardon à sa fille.

Lors de l'étude du profil, on découvre un homme avec un léger retard et une histoire de vie compliquée. Mais la procureure a déclaré que “si ce dossier est celui de la fragilité, de l'isolement et de la misère, il est aussi celui d'une déviance."

Le tribunal a requis une peine de trois ans d'emprisonnement dont vingt-huit mois avec sursis. Une peine à laquelle l'homme a été condamné, en plus d'une injonction de soins et une interdiction d'entrer en contact avec des mineurs, dont sa fille.

"Son papa, c’était sa référence"

Maître Marche, avocate des parties civiles, se satisfait de la peine. "C’est important que le père reconnaisse à l'audience que les faits commis sur sa fille étaient réels. Il parlait de chatouilles dans un premier temps pour ne pas parler de l'essentiel. Aujourd’hui, il l’a reconnu et c’est quelque chose de très important. Il a l'interdiction de contact avec son enfant, ce qui est plutôt rassurant."

Le procès ne s'est pas tenu à huis clos, une demande de l'avocate pour faire passer un message. "Ce genre d’informations doivent être diffusées. Ça se passe même dans nos régions, et chaque personne peut être abusée par une personne comme ça. On ne sait jamais qui il y a derrière un écran. Les enfants sont de plus en plus en contact au téléphone, et malheureusement, il y a des personnes comme celui qu’on a pu voir aujourd’hui qui sont aussi derrière", prévient-elle.

On ne sait jamais qui il y a derrière un écran.

Maître Marche

Avocate des parties civiles

Selon son avocate, sa cliente est aujourd'hui "en souffrance. L’enfant attendait que son papa reconnaisse les faits. Même si elle va avoir dix-huit ans, ça n'empêche pas toute la souffrance qu'elle a pu avoir. Son papa, c’était sa référence. Elle est en famille d'accueil depuis l'âge de deux ans, et ça lui permettait d’avoir un lien avec son père. Et il a malheureusement tout détruit."

"C’est un monsieur déjà très abîmé par la vie"

Maître Coulaud, avocat du prévenu, a fait le point dès la fin de la séance avec son client. "Il a compris, mais il va falloir quelques jours. C’est un monsieur timide, fragile. Les soins, ce n'est pas un problème, il était en demande. Ce qui va être difficile, c’est l'interdiction du contact avec sa fille. Car je ne doute pas qu’il la respectait."

Pour l'avocat, le cas du prévenu est complexe. "J’ai rarement eu un dossier où on se prend toute la misère qu’on ne voit pas habituellement. La misère économique, sociale, sentimentale, sexuelle... C’est un monsieur déjà très abîmé par la vie."