"On manque de personnel !", le service réanimation de l'hôpital de Brive proche de la saturation

Lors du week-end de Pâques, la réanimation de l'hôpital de Brive a accueilli jusqu'à 19 patients atteints du Covid, un record. Si le service a augmenté ses capacités en terme de lits, il ne dispose pas du personnel suffisant. L'hôpital envisage de déprogrammer une partie des chirurgies prévues.

Plus contagieux et parfois plus grave, le variant anglais remplit les services de réanimation.
Plus contagieux et parfois plus grave, le variant anglais remplit les services de réanimation. © F3 - F.Clapeau

Depuis une quinzaine de jours, la tension monte au service réanimation de l'hôpital de Brive, et la fatigue se fait ressentir chez le personnel. Dans le département de la Corrèze, le taux d'incidence est relativement élevé - supérieur à 250 cas pour 100 000 habitants depuis une dizaine de jours - et les hospitalisations graves se succèdent à un rythme cadencé.

L'hôpital a transformé les douze lits de soins critiques en lits de réanimation, portant à 27 la capacité d'accueil. Mais le personnel disponible n'a pas augmenté dans les mêmes proportions. "En réanimation, c'est une infirmière pour 2 à 3 malades, et une aide-soignante pour 3 à 4 patients. Alors qu'en soins critiques, on a une infirmière pour 4 à 6 malades. Donc on a une pénurie de personnel alors même qu'on est montés à 27 lits de réanimation", explique le Dr Nicolas Pichon, chef du service réanimation de l'hôpital de Brive.

Des journées de 12 heures, très bien remplies

Or l'épidémie de Covid-19 augmente fortement la charge de travail en réanimation. "Ce sont des patients plus lourds et surtout plus instables. D'une minute à l'autre, ils peuvent se dégrader, ce qui demande une présence importante. Il faut prendre en compte les temps d'habillage et de déshabillage. Tous les soins de nursing sont calculés. Ce sont des patients qui sécrètent beaucoup au niveau pulmonaire et qu'il faut aspirer plus souvent", détaille Elodie Labrue, infirmière au service de réanimation.

"Nous faisons des journées de 12 heures, de jour et de nuit. C'est le service réa qui veut ça. Mais là, de sont des journées très très bien remplies !", rajoute sa collègue Nancy Danède.

Ces dernières semaines, le personnel ne compte pas ses heures, et beaucoup ont dû revenir sur des jours de repos.
Un appel aux bonnes volontés a été lancé, auquel a répondu notamment la clinique Saint-Germain, proche de l'hôpital. Mais ce renfort n'est pas pérenne.
"Contrairement à la première vague, il est plus difficile de faire appel au personnel des autres services, car l'activité continue", explique Claudine Bourgès, cadre supérieure, qui jongle au quotidien avec les plannings et les arrêts maladie de certains soignants épuisés.

Ultime solution : la déprogrammation

Jusqu'ici, l'hôpital de Brive a réussi à maintenir son activité dans tous les services, mais cela pourrait ne pas durer. "On n'aura peut-être pas le choix, car on arrive à saturation", soupire Nicolas Pichon, "Ce week-end, sur 27 lits de réanimation, on avait 19 patients Covid dont 14 ventilés... Vous imaginez bien qu'on ne peut pas tirer sur la corde avec le personnel présent en temps habituel. Forcément, il y a un moment où l'on va devoir déprogrammer une partie de l'activité."

Le chef de service espère qu'une déprogrammation de 20% des opérations prévues sera suffisante pour dégager du personnel en renfort.

Le service de réanimation de l'hôpital de Brive proche de la saturation

 

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